cette situation aura des impacts pour le Sénégal car n’oubliez pas que nous sommes à la fois pays producteur d’hydrocarbures et grand pays importateurs de bien et de services

TAUX D’INTERET ELEVES, L’ENVERS DU DECOR DE L’ENDETTEMENT DU SENEGAL

à la une Eco-Finance

Il ne se passe pas un mois sans que le gouvernement n’organise une levée de fonds dans le marché domestique ou dans le marché de l’Uemoa. L’économiste Meissa Babou révèle que c’est une moyenne de 100 milliards par mois. Les partisans du pouvoir pavoisent. Ils estiment que c’est un signe de la confiance des bailleurs et surtout de la bonne signature du Sénégal. Mais ce qu’ils taisent, ce sont les «conditions désastreuses» que le Sénégal lève de l’argent.

«Le coût de la dette est exorbitant», souligne notre interlocuteur, un analyste financier qui défie le gouvernement de publier le nouveau ratio d’endettement et le montant du service de la dette. «Les taux doivent être le cœur du débat actuellement. Nous sommes à plus 7 % sur des prêts court terme. Ce qui donne une information sur la pression de trésorerie et le risque perçu», poursuit notre interlocuteur ajoutant que les choix actuellement effectués vont asphyxier le pays et vont avoir des impacts très graves sur la population. Car l’argent qui était attendu du Fmi devait aider à colmater les brèches. Mais on ne l’a pas. En plus comme notre rating financier est dégradé, nous subissons la double peine. Les partenaires extérieurs ne financent plus le Sénégal qui lève désormais de la dette dans le marché intérieur, car il ne peut pas trouver des ressources à l’extérieur du continent. Il faut dire qu’avec la dégradation de la note souveraine du Sénégal, on assiste à une hausse du coût de la dette, la défiance des créanciers principalement étrangers et une pression sur les réserves (change).

Le Sénégal projette d’emprunter 4 573,92 milliards de francs en 2025 pour rembourser ses dettes, payer une partie du service de la dette et monétiser une partie de ses déficits liés à la dette.

Solutions

«La solution est financière et toute la machine de l’Etat doit servir à travailler sur cette solution, sinon on va rentrer de plus en plus dans le mur», dit-il ajoutant que nous devons travailler à améliorer nos indicateurs financiers sans quoi le Fmi ne nous lâchera pas. Le Fmi a renoncé à décaisser un prêt de 360 milliards initialement prévu au mois de juin.

Cet expert préconise donc de diminuer les subventions, d’une part, d’autre part, de rationaliser nos dépenses publiques. Mais ce n’est pas gagné. A preuve, l’Assemblée nationale envisage d’acheter des véhicules pour les députés pour un montant d’environ 90 milliards de francs Cfa, selon plusieurs estimations. Cela sans compter avec les autres nombreuses dépenses de prestige de l’Assemblée.

Autre solution préconisée par notre interlocuteur, c’est la reprise des relations avec les anciens partenaires au lieu de faire de la Chine un partenaire privilégié. Cet expert suggère également aux nouvelles autorités de faire de la transparence une réalité. «Si les choses ne sont pas claires pour le Fmi c’est que les autorités n’ont rien compris. Et dans ce cas, elles vont mettre le pays à l’arrêt», prévient cet analyste financier rappelant que le Sénégal a des perspectives négatives de S&P, Moodys, du Fmi…

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