MGR AUGUSTIN SIMMEL NDIAYE : UN DON DE DIEU DECHIRE AUX YEUX DES HOMMES, MAIS SCELLE DANS LE CŒUR DE DIEU

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Par Emmanuel Ngom

Il y a des gestes qui parlent plus fort que les mots.

Il y a des blessures visibles qui révèlent des pauvretés invisibles.

Il y a des silences pleins de cris, et des affiches déchirées qui crient une vérité plus grande encore.

Ainsi en fut-il de ce geste inconcevable : une affiche religieuse annonçant l’intronisation d’un évêque, mise respectueusement à côté d’autres affiches annonçant des événements religieux musulmans, a été saccagée. La partie comportant le portrait de Mgr Augustin Simmel Ndiaye a été déchirée. Non par mégarde, mais par volonté. Non par hasard, mais par choix. Un choix qui ne dit pas Dieu, mais la peur de Dieu en l’autre.

Ce n’est pas une simple affiche qui a été lacérée. C’est le symbole d’un homme de Dieu que l’on a tenté d’effacer. *C’est le visage d’un Pasteur, prêtre selon le cœur du Christ, que l’on a voulu profaner. Mais nul ne déchire ce que Dieu a scellé dans l’éternité.

“Bienheureux serez-vous quand on vous insultera à cause de moi”

(Mt 5,11)

Mgr Augustin Simmel Ndiaye est un prêtre à l’image de son Seigneur.

À l’image de Celui qui, cloué au bois de la Croix, a regardé ses bourreaux avec compassion.

À l’image de Celui qui, humilié, n’a pas réagi par la violence mais par l’offrande de sa propre vie.

Lui aussi aujourd’hui, dans un silence profond, pardonne.

Comme le Christ : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.”

(Lc 23,34)

Ceux qui ont déchiré son image n’ont fait que révéler la profondeur de leur propre vide intérieur.

Ils n’ont pas offensé un homme, ils ont tenté d’humilier une foi.

Mais la foi ne se déchire pas. Elle renaît. Elle ressuscite.

La foi chrétienne ne vit pas dans la peur, mais dans la lumière.

“L’homme n’est grand que par ce qu’il respecte” :

proverbe africain

Détruire ce qui appartient à autrui, surtout dans le domaine sacré, c’est se condamner soi-même à l’étroitesse d’âme. Car le respect n’est pas une concession, mais une grandeur. Le pluralisme religieux ne se proclame pas, il se pratique. L’harmonie entre croyants ne se construit pas sur des tolérances hypocrites, mais sur la reconnaissance sincère de l’autre comme frère en humanité.

“Nous avons tous un même Père”

(Malachie 2,10),

dit l’Écriture.

Et dans ce Père, chacun doit apprendre à voir en l’autre non un rival, mais un reflet de Dieu.

La seule vraie rivalité est celle de la prière

Il ne s’agit pas de se disputer des espaces religieux, ni de mesurer qui est plus pur que l’autre.

La seule compétition qui honore Dieu, c’est celle du bien :

“Soyez les premiers dans les œuvres bonnes”

(Coran, sourate 5, verset 48)

“Que celui qui veut être le plus grand se fasse le serviteur de tous”

(Mc 10,43)

La vraie grandeur, disait saint Augustin, ce n’est pas de dominer, mais d’aimer.

Et saint Paul renchérit : “Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien”

(1 Co 13,2).

Un homme de Dieu pour le Nord et pour le monde

Mgr Augustin Simmel Ndiaye est un don pour le Nord du Sénégal, et au-delà, pour notre nation toute entière. Son visage arraché d’une affiche n’effacera jamais la trace qu’il laisse dans les cœurs.

Il est un témoin de paix, un semeur d’unité, un serviteur des plus humbles.

Il ne répond pas par l’hostilité, mais par l’Évangile.

Il ne contre-attaque pas, il bénit.

Comme le Christ fut une grâce pour l’univers entier, lui aussi est un don de Dieu pour notre temps.

Et les jours viendront…

Les jours viendront, dit le prophète Amos, où le Seigneur jugera avec équité.

Les jours viendront, où “tout ce qui est caché sera mis en lumière” (Lc 8,17).

Les jours viendront où l’on dira, comme le centurion au pied de la Croix :

“Vraiment, cet homme était un homme de Dieu !”

(cf. Mt 27,54)

Prière finale :

Seigneur Jésus,

Tu as connu la trahison, l’injustice, l’humiliation. Tu as tendu l’autre joue et pardonné jusqu’au bout. Regarde ton serviteur Mgr Augustin Simmel Ndiaye. Donne-lui ton courage dans l’épreuve, ta paix dans l’adversité. Que son silence parle plus fort que toutes les clameurs. Que sa bonté désarme les cœurs fermés.

Et donne-nous à tous, croyants de toutes confessions, la grâce d’un regard respectueux, la force d’une prière partagée, et l’amour d’un seul Dieu, Père de tous les vivants.

Amen !

Communicateur Catholi

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