Restructurer ou non. Tel est le choix cornélien auquel le gouvernement sénégalais fait face. L’ingénieur financier Abo Gaydel, qui a fait une simulation du vrai coût de la restructuration ou la non de la dette, affirme que si on n’enlève la part de la dette multilatérale et bilatérale, avec une restructuration, le Sénégal gagne plus de 270 milliards de francs Cfa par an de souffle budgétaire. Mais il perd plus de 500 milliards Cfa sur 20 ans, à cause du rallongement des maturités.
Sans restructuration, l’ingénieur financier Abo Gaydel note que le Sénégal perd 270 milliards Cfa par an de marge immédiate, mais le pays limite le coût total à 9 000 milliards Cfa sur 10 ans. «En résumé, le scénario sans restructuration est plus risqué à court terme, mais moins coûteux sur la durée.
Le scénario avec restructuration est moins risqué budgétairement, mais plus cher au total. Il faudra arbitrer entre souffle immédiat et discipline financière», indique cet ingénieur financier qui plaide pour la restructuration de la dette du Sénégal. Car, d’après lui, c’est le standard du risque de crédit. «Face à la situation du Sénégal, il n y a que cette situation qui peut éloigner du risque de solvabilité et du défaut», dit-il expliquant qu’une restructuration fait partie du cycle de vie d’un crédit pour un particulier, une personne morale et pour un Etat.
