*Un choc pétrolier et inflationniste*
Le premier canal de transmission serait le marché pétrolier. Le Moyen-Orient constitue une région stratégique pour la production et le transit du pétrole mondial, notamment à travers le détroit d’Ormuz. Un conflit dans cette zone pourrait entraîner une hausse importante du prix du baril.
Pour le Sénégal, qui demeure encore importateur net de produits pétroliers, cela se traduirait par une augmentation de la facture énergétique, un creusement du déficit commercial et une hausse des coûts de transport et d’électricité. Cette situation pourrait également alimenter des tensions inflationnistes dans l’économie.
*Une pression accrue sur les finances publiques*
La hausse des prix de l’énergie exercerait également une pression supplémentaire sur les finances publiques. L’État pourrait être amené à soutenir les ménages et les entreprises face à la hausse des prix, notamment à travers des mécanismes de subvention ou de stabilisation des prix des carburants et de l’électricité.
Dans un contexte où les finances publiques sont déjà sous tension et où le service de la dette absorbe une part importante des recettes budgétaires, ces nouvelles dépenses pourraient aggraver le déficit budgétaire.
*Des conditions de financement plus difficiles*
Les crises géopolitiques provoquent généralement une montée de l’aversion au risque sur les marchés financiers internationaux. Les investisseurs ont alors tendance à privilégier les actifs jugés plus sûrs, ce qui entraîne une hausse des taux d’intérêt et un durcissement des conditions de financement pour les pays émergents et africains.
Pour le Sénégal, qui fait déjà face à une dégradation de sa crédibilité financière et à un accès plus difficile aux marchés internationaux, cette situation pourrait compliquer davantage la mobilisation de financements extérieurs et le refinancement de la dette.
*Des perturbations possibles pour certains projets industriels*
Les tensions internationales pourraient également perturber certaines coopérations industrielles. Dans ce contexte, la relance éventuelle de l’usine de montage automobile SenIran Auto pourrait devenir plus difficile. Les sanctions internationales contre l’Iran, les obstacles aux transactions financières et les perturbations logistiques pourraient compliquer l’importation de pièces détachées et la coopération industrielle avec les partenaires iraniens.
En conclusion, le ralentissement de la croissance mondiale, l’inflation et les perturbations des chaines de valeur vont rendre plus difficiles, pour le Sénégal, le refinancement de la dette et le redressement économique.
