CAN 2026 : LE SCANDALE DE TROP, PLACE AU BOYCOTT ÉCONOMIQUE

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Pr Amath Ndiaye

Après une décision insjuste du Jury d’Appel de la CAF, intervenue deux mois après la finale remportée sur le terrain par le Sénégal, et la détention prolongée de 18 supporters sénégalais au Maroc, l’indignation dépasse le cadre sportif. Face à ce qui est perçu comme une double injustice — sportive et humaine — une riposte citoyenne, économique et pacifique s’impose.

*Une décision qui défie la logique sportive*

Le football africain vient de franchir un seuil inquiétant. Deux mois après la finale remportée par le Sénégal (1-0), le Jury d’Appel de la CAF a pris une décision aussi tardive que contestée : retirer le trophée au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. Fondée sur des arguments juridiques liés à une interruption de match, cette décision interroge : comment remettre en cause un résultat validé par l’arbitre après reprise du jeu et coup de sifflet final ? En sport, une règle s’impose : le terrain tranche. En la fragilisant, c’est la crédibilité même des compétitions africaines qui est en jeu. Si les résultats peuvent être révisés après coup, aucune victoire n’est définitivement acquise.

*Une situation humaine qui indigne*

À cette controverse s’ajoute une réalité plus grave : la détention prolongée de 18 supporters sénégalais au Maroc. Arrêtés en marge de la rencontre, ils restent privés de liberté plusieurs semaines après les faits. Cette situation apparaît disproportionnée et difficilement compatible avec les valeurs de fraternité africaine que le football est censé incarner. On ne peut pas célébrer l’unité du continent dans les stades tout en laissant perdurer une telle situation. Cette contradiction fragilise le message porté par les institutions sportives africaines.

*Fraternité entre peuples, exigence de respect*

Le Sénégal et le Maroc entretiennent des liens historiques, culturels et spirituels profonds. Cette fraternité est réelle et doit être préservée. Mais elle suppose le respect. Lorsqu’un sentiment d’injustice s’installe, il est légitime de réagir — avec calme, mais avec fermeté. Réagir n’est pas rompre. C’est rappeler que toute coopération durable repose sur l’équité et la considération mutuelle.

*Le boycott économique comme riposte citoyenne*

Face à cette situation, une mobilisation citoyenne pacifique et stratégique s’impose. Il s’agit d’abord de soutenir nos capacités nationales : pour les déplacements vers le Maroc (Fès, Rabat, Casablanca), privilégier Air Sénégal constitue un signal fort. Dans le secteur bancaire, les clients peuvent retirer leurs disponibilités des banques marocaines au Sénégal, sans fermer leurs comptes, afin d’exprimer une attente de respect. Sur le plan de la consommation, une réorientation est possible : suspendre l’achat de produits importés du Maroc, notamment oranges, clémentines, fruits et légumes, et privilégier les productions locales ou sous-régionales. Cette démarche, loin de toute hostilité, vise à défendre une exigence simple : le respect de la vérité du terrain, de la dignité des citoyens et de la crédibilité des institutions africaines.

FASEG-UCAD

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