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Débat national sur la souveraineté: les fortes convictions des experts sénégalais et africains

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Le grand débat national sur la question de la souveraineté, sur initiative d’Afrikajom Center, a vécu, hier, à Dakar, avec la présence des décideurs, experts, hommes politiques, membres du gouvernement, journalistes, universitaires et acteurs de la Société civile.

Ce grand débat national qui s’inscrit dans le cadre du programme Agora/Penc, une initiative visant à promouvoir des espaces de réflexion et d’échanges sur des enjeux stratégiques d’intérêt national, en faveur du renforcement de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, a été l’occasion pour beaucoup d’experts d’exprimer leurs convictions sur cette question majeure et d’actualité.

‘’Confier à une entreprise privée la gestion des cartes nationales d’identité, revient, pour un Etat, à déléguer une part essentielle de sa souveraineté’’

Pour Cheikh Fall, président-fondateur d’Africtivistes et expert numérique, ‘’confier à une entreprise privée la gestion et la production des cartes nationales d’identité, revient, pour un Etat, à déléguer une part essentielle de sa souveraineté’’.

‘’Une telle décision apparait d’autant plus contradictoire dans un contexte où la souveraineté est affirmée comme une priorité stratégique’’, renchérit-il.

Sur les défis du numérique, le président-fondateur d’Africtivistes indique qu’‘’aucun Etat africain ne dispose, à lui seul, des capacités suffisantes pour revendiquer une pleine souveraineté technologique’’.

Selon Cheikh Fall, cette ambition ne peut être envisagée qu’à l’échelle régionale, notamment dans le cadre de l’Union africaine, afin de mutualiser les ressources, les compétences et les infrastructures.

A l’en croire, ‘’le numérique repose sur six composantes essentielles : les réseaux, les équipements, les logiciels, les services, les données et les utilisateurs. Tant que ces six dimensions ne sont pas maîtrisées de manière cohérente et intégrée, il est difficile de parler de véritable souveraineté technologique’’.

Général Makhtar Diop : ‘’La défense est le lieu par excellence de la souveraineté nationale, mais…’’

Sur le même chapitre, Wedji Kane Dia, ingénieure et spécialiste en Intelligence artificielle, en matière de technologie, et plus encore dans le domaine de l’Intelligence artificielle, ‘’même les plus grandes puissances peinent à atteindre une souveraineté totale’’.

D’après elle, ‘’le principal défi à relever pour espérer atteindre une forme de souveraineté, réside dans la capacité à produire de la valeur ajoutée. Cela passe également par la valorisation des ressources humaines. Or, le Sénégal peine encore à exploiter pleinement ses talents spécifiquement dans le domaine de l’Intelligence artificielle’’.

S’agissant de la souveraineté économique et financière, le Professeur Amadou Aly Mbaye, ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, estime qu’elle ‘’ne peut être dissociée de la souveraineté industrielle, tant les deux dimensions sont intimement liées’’.

Cependant, il souligne que de nombreux facteurs structurels continuent de freiner le développement et l’épanouissement des industries dans les pays concernés.

Dans cette perspective, il insiste sur la nécessité de clarifier la nature de souveraineté que les pays cherchent réellement à construire.

Pour lui, l’enjeu principal réside dans un recentrage des priorités sur les secteurs stratégiques de développement, plutôt que sur des logiques centrées sur les individus.

Il met également en garde contre les dérives possibles du système économique, en rappelant l’importance de veiller à ce que les acteurs économiques ne transforment pas les dispositifs en opportunités d’enrichissement personnel au détriment de l’intérêt collectif.

Pour sa part, Hady Ba, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Ata Diop de Dakar, il soutient que ‘’d’un point de vue philosophique, la souveraineté désigne un pouvoir sans bornes qui ne prend véritablement sens que dans les situations d’exception. En temps normal, l’exercice ordinaire du pouvoir ne suffit pas à révéler ni à mesurer la souveraineté de l’Etat’’.

Le Général Makhtar Diop est intervenu sur le thème ‘’Souveraineté et défense nationale’’.

Il a mis en exergue les dimensions stratégiques de la souveraineté, en insistant sur la capacité d’un État à exercer un contrôle effectif sur son territoire, ses ressources et ses décisions. Le Général Makhtar Diop souligne également le rôle central de la défense nationale dans la préservation de cette exclusivité, face à des dynamiques internationales de plus en plus complexes.

‘’La défense est le lieu par excellence de la souveraineté nationale. Mais son efficacité est largement déterminée par le niveau de dépendance extérieure’’, relève le Général Diop.

 

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