Dakar- Les rapports annuels 2023, 2024 et 2025 de la Commission nationale des Droits de l’Homme [Cndh mentionnent qu’une part importante de la population carcérale reste sans jugement malgré les réformes annoncées. Les magistrats manifestent une réticence à appliquer les peines alternatives prévues par le décret 2001-362 du 4 mai 2001 relatif aux procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales. Au 31 décembre 2024, sur un total de 13 685 détenus, l’administration pénitentiaire a recensé 7056 détenus provisoires, soit 51,56 % dont 505 cas, soit 3,69%, correspondant uniquement aux détentions préventives dépassant trois ans.
Pour la présidente de la Cndh, en 2023, 2024 et 2025, les défis majeurs concernant la privation de liberté sont principalement la surpopulation carcérale, l’insalubrité, la précarité sanitaire, les longues détentions préventives et les conditions inhumaines et dégradantes de prise en charge. C’est pourquoi la Cndh recommande de favoriser les mesures alternatives à l’incarcération par exemple l’usage du bracelet électronique, les travaux d’intérêt général et les sanctions pécuniaires. Aussi la Cndh recommande une politique carcérale respectueuse de la dignité humaine.
Dans une circulaire adressée aux procureurs généraux, procureurs de la République et délégués du procureur, le ministre de la Justice et Garde des sceaux, Me Moussa Sarr ,rappelait la nécessité de réduire les détentions provisoires jugées non indispensables et de mettre un terme au recours systématique aux mandats de dépôts.
Concernant les droits civils et politiques de manière générale, Pr Amsatou Sow Sidibé, précise que les tensions sociopolitiques survenues entre 2021 et 2024 ont eu des répercussions sur l’environnement des droits de l’Homme, notamment dans les domaines liés aux libertés publiques, à l’intégrité physique, à la vie et à la gestion des manifestations, à la justice ainsi qu’à la liberté d’expression.
