Le Sénégal a rencontré ses créanciers et a exposé sa situation économique et financière. Les points à retenir:
- Le rebasing du PIB du Sénégal a ramené sa dette totale à 105% du PIB en 2025 et son déficit de 2025 à 5.4% du PIB, rendant encore moins nécessaire de demander aux créanciers privés, au delà de simples reprofilages si même nécessaire, des pertes sur leurs créances.
- Le Sénégal est évalué avec le cadre d’analyse de viabilité de la dette des pays à faible revenu actuellement en vigueur, bien qu’en cours de révision, justifiant le processus de restructuration sans lequel le FMI ne peut pas approuver le programme. Les questions de liquidité seraient réglées à court terme avec les créanciers officiels et les discussions en cours. Les créanciers officiels après tout y compris les multilatéraux ont autorisé des décaissements sur des projets qui n’étaient pas budgétisés et certains exécutés par leurs entreprises.
- Le calendrier proposé prévoit l’approbation du programme en novembre et le processus de restructuration bouclé en décembre. Les créanciers privés accepteront-ils? L’analyse de la viabilité devra d’abord les convaincre.
Notre conclusion est que ce processus est essentiellement cosmétique, l’essentiel étant que le programme soit approuvé et que le Sénégal reste sur sa trajectoire de consolidation et de refinancement régional. De ce dernier point de vue, il ne faut pas que les non-résidents hors UEMOA qui ont investi dans nos titres en FCFA soient impactés car nous les voulons dans notre marché à l’avenir.
L’assemblée nationale a la LFR sur sa table. Il faudra bien qu’il y ait une convergence de vues sur la trajectoire budgétaire car son approbation sera un préalable au programme.
Abdourahmane Sarr, ancien ministre de l’Economie et du Plan
