Le député et ancien ministre de l’Enseignement supérieur Cheikh Oumar Anne ne déférera pas vendredi 16 octobre à la commission d’enquête parlementaire. «J’ai décidé de ne pas y répondre, pour des raisons de principe, de décence républicaine, d’exigence de légitimité et d’impartialité, mais également de respect des institutions», écrit-il dans un communiqué. Il explique sa décision par le fait que le «respect des institutions ne peut être à géométrie variable: il exige à tout le monde : exemplarité, rigueur et responsabilité». Il rappelle également qu’en 2022, un membre de cette Commission s’était singularisé de «triste et vile» manière. «Il était monté sur les tables de l’hémicycle et avait arraché l’urne de vote, dans une attitude de violence, devant le peuple sénégalais, désacralisant la fonction parlementaire. L’Assemblée nationale n’est pas un ring : elle est le sanctuaire de la représentation populaire et du débat contradictoire dans l’intérêt exclusif du peuple sénégalais», poursuit-il ajoutant que qualifier l’ancien Président de la République de criminel et des membres du Gouvernement de voleurs, sans preuves judiciairement établies, relève de l’ineptie.
En outre, le député affirme qu’une Commission d’enquête doit être impartiale et crédible. «Cette exigence de contrôle ne doit ni être un outil de règlement de comptes politiques ni devenir un moyen de stigmatisation sélective de ceux qui ont servi l’État sous l’administration précédente et de fort belle manière, comme le clame partout le peuple sénégalais épris de justice et de transparence. Le caractère sélectif des Commissions d’enquête est une aberration», poursuit-il ajoutant : «Oui à la transparence totale, oui à la reddition des comptes, mais non à un procès en sorcellerie contre de dignes serviteurs de la République».
Par ailleurs, il soutient que plusieurs sujets mériteraient un examen objectif et sans complaisance, notamment : la publication trimestrielle des dépenses budgétaires de l’Assemblée nationale, le scandale de l’acquisition des véhicules de l’Assemblée nationale, le scandale des cinq milliards de francs Cfa destinés aux soi-disant victimes des événements de 2021 à 2024, le scandale des 8 milliards de francs Cfa destinés aux sinistrés de Bakel, Matam, Podor et des zones environnantes, dont l’utilisation reste opaque, le scandale des 37 milliards de l’affaire ASER et celui d fonds JAMM pour la paix en Casamance (1,7 milliard de francs Cfa). Selon lui, si la Commission d’enquête ne s’intéresse qu’à la vérité, elle pouvait se limiter à la documentation déjà disponible relative à ce programme, notamment la convention de partenariat et les procédures prévues, ce qui vous permettrez de comprendre les conditions dans lesquelles le programme est exécuté ainsi que les dépenses y afférentes.
