Plan de redressement economique et social de Ousmane Sonko: ce que propose le Parti socialiste

Analyse critique de la Loi de Finances 2026 et clarification sur la prétendue “dette cachée” : Le Ps alerte sur la la pression fiscale

à la une Eco-Finance

1.⁠ ⁠Une loi de finances sous tension : un choc fiscal aux effets incertains

Le Parti socialiste a pris connaissance du projet de Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 présenté par le gouvernement. Ce budget, censé remettre les comptes publics sur la bonne voie, s’annonce comme une véritable épreuve fiscale pour les Sénégalais.

En une seule année, la pression fiscale bondirait de 19,3 % à 23,2 % du PIB, soit près de quatre points d’augmentation — du jamais vu.

Derrière les mots “redressement” et “assainissement”, il faut reconnaître une hausse généralisée des taxes qui pèsera surtout sur les ménages et les entreprises :
•⁠ ⁠300 milliards sur les jeux et paris en ligne,
•⁠ ⁠76 milliards sur les transferts d’argent mobile,
•⁠ ⁠et des hausses sur les services bancaires.

Le Parti socialiste alerte : un tel durcissement fiscal, sans mesures d’accompagnement, risque d’avoir l’effet inverse de celui recherché, en contribuant à :
•⁠ ⁠ralentir la consommation,
•⁠ ⁠étouffer les PME,
•⁠ ⁠accentuer l’informel,
•⁠ ⁠décourager l’investissement, pousser certaines sociétés – pour la plupart des groupes internationaux – à fermer leurs antennes à Dakar,
•⁠ ⁠et les inciter à délocaliser leurs activités vers d’autres pays africains plus accueillants, où la fiscalité est moins contraignante et plus juste.

Si la rigueur budgétaire est nécessaire, elle ne doit pas se transformer en choc social. Or, l’économie sénégalaise a besoin de souffle, pas d’essoufflement.

2.⁠ ⁠Sur la “dette cachée” : rétablir la vérité, sans passion ni amalgame
Depuis plusieurs semaines, certains responsables évoquent une “dette cachée” laissée par l’ancien régime. Le Parti socialiste tient à rétablir la vérité : il n’y a pas eu dissimulation, mais un changement de périmètre et de méthode comptable.
En effet, le ratio d’endettement public, passé de 73 % à environ 130 % du PIB, s’explique principalement par deux évolutions techniques :
1.⁠ ⁠L’intégration des dettes contingentes et engagements conditionnels des sociétés publiques et parapubliques (SENELEC, PETROSEN, La Poste, etc.), jusque-là suivis hors du budget général de l’État ;
2.⁠ ⁠La prise en compte d’arriérés et de dettes non budgétisées, c’est-à-dire des engagements existants mais jusque-là enregistrés partiellement ou de manière différée dans la comptabilité nationale.
Ces ajustements, qu’il s’agisse de l’intégration des dettes contingentes ou de la comptabilisation d’arriérés existants, ne traduisent pas une volonté de dissimulation, mais un effort de sincérité budgétaire destiné à présenter une image plus complète et plus fidèle de la situation financière du pays.
Soyons clairs : les arriérés et dettes non budgétisées n’ont pas été cachés, mais reportés ou reprogrammés en fonction des disponibilités de trésorerie et des priorités budgétaires du moment, dans le respect des règles de l’UEMOA. Il s’agit là d’une gestion prudente et pragmatique, destinée à préserver la soutenabilité des finances publiques, et non d’une quelconque dissimulation.
Le Parti socialiste considère que la mise au jour de ces arriérés constitue une étape utile, car elle permet de repartir sur des bases saines. Mais il faut éviter de présenter cela comme la découverte d’un “trésor caché de dettes” : ce serait une lecture exagérée et injuste.
3.⁠ ⁠Quand les mots fragilisent la confiance : les effets pervers de la rhétorique de la “dette cachée”

Le Parti socialiste exprime également son inquiétude quant aux conséquences économiques de cette communication excessive autour d’une soi-disant “dette cachée”. En présentant au monde financier un Sénégal supposément au bord de la faillite, certains responsables ont involontairement sapé la confiance des partenaires techniques et financiers, rendu les bailleurs plus prudents, et refroidi l’appétit des investisseurs.
Cette rhétorique a alimenté un climat de suspicion qui a pesé sur :
•⁠ ⁠les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), désormais plus exigeant ;
•⁠ ⁠la perception du risque souverain sur le marché régional UEMOA, où les taux d’intérêt des obligations sénégalaises ont augmenté ;
•⁠ ⁠et la réputation du pays, qui se voyait jusque-là comme un modèle de stabilité et de fiabilité dans la sous-région.
La vérité, c’est que les mots ont un poids économique. En brandissant à la légère l’expression de “dette cachée”, on a créé un doute là où il fallait restaurer la confiance. Or, la confiance, dans les affaires publiques comme en économie, se perd vite et se reconquiert lentement.

4.⁠ ⁠Une position ferme mais responsable
Par la voix de son porte-parole, le Parti socialiste rappelle que :
•⁠ ⁠Le Sénégal a besoin de stabilité et de transparence, pas de règlements de comptes statistiques ;
•⁠ ⁠Les chiffres de la dette doivent être comparés avec des méthodes identiques, sans changer les règles du jeu en cours de route ;
•⁠ ⁠La question de la dette est structurelle et collective, elle dépasse les alternances politiques.
Le Parti socialiste encourage le gouvernement à poursuivre les audits et la clarification des comptes publics, mais sans alimenter de faux procès contre le passé. La vérité des chiffres ne doit pas devenir une arme politique.

5.⁠ ⁠Pour une gouvernance budgétaire plus sincère et plus juste
Le Parti socialiste propose :
•⁠ ⁠La création d’une commission indépendante — Cour des comptes, Assemblée nationale, Inspection générale des finances — pour harmoniser les méthodes de calcul et assurer un suivi rigoureux de la dette publique ;
•⁠ ⁠Une réforme durable de la planification budgétaire afin de mettre fin à la sous-budgétisation chronique et aux reports de crédits ;
•⁠ ⁠Une fiscalité de croissance fondée sur l’élargissement de l’assiette et la lutte contre la fraude, plutôt que sur la surtaxation ;
•⁠ ⁠Un dialogue social permanent pour protéger le pouvoir d’achat et éviter que les réformes budgétaires ne creusent les inégalités.
6.⁠ ⁠Conclusion : dire la vérité, agir avec justice
Le Parti socialiste reste fidèle à son engagement pour une gestion publique rigoureuse, équitable et transparente. Le pays n’a pas besoin de querelles de chiffres, mais d’un débat honnête sur la soutenabilité de la dette et sur les choix économiques à venir.

Le redressement de nos finances ne doit pas se faire contre le peuple, mais avec lui, dans un esprit de responsabilité et de vérité.

Le Parti socialiste continuera, fidèle à son héritage, à défendre une économie nationale forte, solidaire et transparente, au service de tous les Sénégalais.

Abdoulaye WILANE
Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal

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