Cheick Diouf, un supporter sénégalais a été tué par des Marocains qui l'ont poignardé à plusieurs reprises alors qu'il manifestait sa joie après la victoire de son pays face au Maroc en finale de la CAN 25

COMMENT LE DOUBLE LION CHARLES DIOUF A TOUT PERDU…

à la une Contribution

De la joie d’une victoire continentale à la tragédie humaine, le football a basculé hors du jeu.
Charles Diouf était un double lion.
Lion de la Téranga par la naissance,
lion de l’Atlas par le courage d’être allé gagner sa vie.
Il incarnait ces fils d’Afrique qui traversent les frontières pour travailler, espérer, construire, sans jamais renier leur terre natale.
L’instant d’un instant a suffi.
Une seconde, à peine, pour que la joie éclatante de la victoire sénégalaise à la CAN MAROC 2025 se transforme en drame irréversible. Comme cette passe ultime de Sadio Mané qui a dérouté tout un système défensif avant d’aboutir sur le pied décisif de Pape Gueye, la jubilation a jailli, pure, spontanée, partagée.
Charles Diouf a jubilé.
Non pour provoquer.
Non pour humilier.
Mais pour exprimer sa fierté d’être Sénégalais, enfant du terroir, frère parmi les frères, heureux d’une victoire collective.
La passe qui lui fut ensuite adressée ne venait plus du jeu.
Elle n’était ni tactique ni sportive.
Elle fut une trajectoire mortelle, sans retour possible, menant hors du terrain, hors des règles, hors de l’humanité.
La déception de certains supporters, étouffant la raison et le fair-play, a pris le dessus. La fraternité du sport a cédé sous le poids de la colère. Le football, ce langage universel censé unir, a franchi ses propres frontières.
La scène rappelle tragiquement l’un des récits fondateurs des Saintes Écritures: Caïn se retournant contre Abel. Le frère contre le frère. Et cette question, toujours actuelle, toujours brûlante :
«Où est ton frère ?»
Très vite, la saveur amère de la douleur a remplacé le goût de la fête. Le corps de Charles Diouf a été retrouvé plus tard, inerte, tout ensanglanté, portant des blessures béantes. Le corps d’un innocent abandonné là où l’on devait célébrer, chanter et se serrer la main.
Charles Diouf n’a pas perdu un match.
Il a perdu la vie là où la victoire devait enseigner l’humilité et la défaite la dignité.
Sa mort sonne comme un carton rouge éternel contre la violence fratricide et comme un appel pressant à rendre au sport son âme, son humanité et sa vocation première : rassembler les hommes.

Emmanuel Ngom
Oncle paternel de Charles Diouf

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *