Le Sénégal prévoit, d’ici 2030, un développement des énergies renouvelables, avec l’objectif d’atteindre une part de 40 % dans le mix énergétique. C’est le sens du développement des solutions solaires, des mini centrales solaires et hybrides, ainsi que des systèmes photovoltaïques.
Cependant, ces équipements solaires contiennent des composants toxiques (plomb, mercure, cadmium), ainsi que des plastiques et des métaux de base tels que l’acier, l’aluminium et le cuivre. Et ils se détériorent au terme de leur cycle de vie. Certains de ces matériaux peuvent être recyclés, tandis que d’autres, considérés comme dangereux, représentent une menace pour l’environnement et la santé des populations.
Directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables [Aner], le professeur Diouma Kobor affirme qu’il y a des défis nouveaux, notamment la gestion de la fin de vie des équipements solaires : panneaux photovoltaïques, batteries, onduleurs, convertisseurs, autant de composants techniques qui, une fois hors d’usage, génèrent des déchets spécifiques, susceptibles de porter atteinte à l’environnement et à la santé publique s’ils ne sont pas convenablement pris en charge. «Il devient donc impératif de développer des infrastructures locales de collecte, de recyclage et de valorisation spécifiquement dédiées à la gestion de ces déchets d’équipements solaires», soutient Diouma Kobor.
Ce dernier qui s’exprimait, hier, lors d’un atelier de vulgarisation consacré à la gestion des déchets issus des équipements solaires qui arrivent en fin de vie, ajoute que cela contribuera à stimuler la création d’emplois verts et à renforcer les capacités technologiques et industrielles du pays. Selon lui, en intégrant des innovations récentes dans le recyclage des batteries et des panneaux solaires, le Sénégal a l’opportunité de devenir un leader régional dans ce domaine. «La gestion des déchets solaires doit être considérée comme une opportunité de développer un secteur émergent, générateur de valeur ajoutée locale, respectueux de l’environnement et porteur d’emplois», renchérit la directrice de l’Energie Fatou Ly Mbow qui plaide pour le développement d’une filière industrielle nationale, génératrice d’emplois verts.
