Faiblesse des infrastructures d’irrigation et de stockage, coûts logistiques élevés, accès limité au financement : les contraintes structurelles de l’agriculture sénégalaise

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Notre diagnostic est largement partagé : malgré des progrès notables, l’agriculture sénégalaise reste confrontée à des contraintes structurelles. Selon Mabouba Diagne, le ministre de l’Agriculture qui s’exprimait lors de la réunion consacrée à l’initiative AgriConnect, il s’agit notamment de la faiblesse des infrastructures d’irrigation et de stockage, des coûts logistiques élevés, de l’accès limité au financement de moyen et long termes, d’une exposition accrue aux risques climatiques, ainsi que d’un déficit d’investissements privés dans la transformation agro-industrielle.

Cependant, Mabouba Diagne affirme que la transformation agricole est une dynamique en marche qu’il nous appartient désormais d’accélérer. «Cette transformation passe avant tout par une agriculture mieux structurée, plus productive et orientée vers le marché, portée par des producteurs organisés, des entreprises dynamiques et des institutions solides. Cette base organisationnelle constitue un levier pour renforcer la valeur, améliorer l’accès aux services et consolider l’autonomie économique des exploitations », dit-il.

«Cette dynamique ne peut se maintenir sans un environnement institutionnel et économique solide. L’application effective de nos cadres stratégiques, la disponibilité de données agricoles fiables, la sécurisation foncière et la modernisation des mécanismes d’appui public sont des conditions essentielles pour maintenir la confiance et attirer durablement l’investissement», poursuit le ministre ajoutant que la question du financement est centrale. Il nous faut faciliter l’accès des acteurs nationaux, y compris ceux de la diaspora, aux ressources financières, tout en mettant en place des mécanismes innovants capables de réduire les risques et de soutenir l’investissement productif. Le secteur privé a un rôle déterminant à jouer.

Par ailleurs, il souligne que la modernisation des chaînes de valeur agricoles doit s’appuyer sur des investissements ciblés dans la mécanisation, les infrastructures de production et de post-production, la valorisation locale et les aménagements hydroagricoles, tout en intégrant pleinement les enjeux de transition énergétique et de résilience climatique.

Enfin, d’après lui notre ambition est aussi sociale. La transformation agricole que nous portons doit être créatrice d’emplois durables en milieu rural, attractive pour les jeunes et les femmes, et appuyée par l’innovation, le numérique et les solutions technologiques adaptées à nos réalités.

C’est dans cet esprit que nous voyons AgriConnect non seulement comme une plateforme opérationnelle permettant de mener des projets structurants et bancables, notamment dans les chaînes de valeur prioritaires, en cohérence avec la Vision Sénégal 2050 et nos stratégies sectorielles mais aussi comme un cadre de convergence, favorisant la synergie entre États, producteurs, secteur privé et partenaires techniques et financiers, avec un objectif commun : bâtir une agriculture compétitive, inclusive et souveraine. Ensemble, unis dans l’action, nous pouvons faire de AgriConnect une étape décisive vers cet objectif.

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