L’APR a bâillonné l’avenir avec le PSE: elle veut maintenant étouffer l’alternative

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Par ELIASSE BASSENE

Les responsables de l’Alliance Pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, ont tenu hier à Dakar une conférence de presse où ils ont violemment critiqué le «Plan de Redressement Economique et Social» présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko. Rebaptisé ironiquement «Plan de Régression Economique et Social», ce plan a été la cible d’attaques aussi virulentes qu’hypocrites, venant de ceux-là mêmes qui ont mis le Sénégal à genoux pendant plus d’une décennie de gouvernance désastreuse. Que les dignitaires de l’ancien régime osent parler d’économie, de justice, de rigueur budgétaire ou de souveraineté financière relève du plus grand culot. Pire, leur menace de saisir la Cour Suprême pour invalider le plan de Sonko, au motif que le Plan Sénégal Emergent(PSE) demeure le «seul référentiel reconnu par la loi» frise le ridicule. Ont-ils la mémoire si courte ou font-ils semblant d’oublier?

Le «Yoonu Yokuté» trahi: la grande escroquerie politique

 Pour rappel, en 2012, Macky Sall arrive au pouvoir en vendant au peuple sénégalais un programme de gouvernance qu’il a baptisé«Yoonu Yokuté», un projet de société basé sur l’équité, la transparence et la justice sociale. Mais, à peine installé au palais présidentiel, il l’a jeté à la poubelle sans aucune explication. A la place, il a commandité, à coup de milliards, un plan économique, conçu par un cabinet privé étranger: le fameux Plan Sénégal Emergent. Ce PSE, présenté comme une révolution économique, s’est très vite avéré être un puits sans fond, un cheval de Troie de l’endettement massif, de la corruption endémique, de la surfacturation et de l’enrichissement éhonté de l’élite APR.

Le PSE: un outil de prédation économique

 En moins de dix ans, la dette du Sénégal a explosé: elle est passée de 8000 milliards en 2011 à 18000 milliards de francs CFA en 2023, dépassant même les 100% du PIB, un seuil critique qui avait poussé le président Ousmane Sonko, à l’époque farouche opposant au régime Sall, de multiplier les signaux d’alerte en déclenchant de nombreuses mises en garde. Ce sont les mêmes donneurs de leçons d’aujourd’hui qui ont maquillé les chiffres, dissimulé des emprunts, falsifié des documents publics pour cacher la vérité aux bailleurs et au peuple sénégalais. Et maintenant, ils osent remettre en cause la légitimité d’un plan souverain, structuré, financé à plus de 90% par des fonds extrabudgétaires, avec seulement 100 milliards mobilisés par l’Etat. Où était leur rigueur lorsque le pays croulait sous le poids des dettes toxiques, les projets gonflés, les sociétés-écrans, les marchés de gré à gré et les détournements de fonds publics à ciel ouvert?

Leçon de morale des fossoyeurs de l’économie nationale

 L’indécence de leur sortie médiatique réside aussi dans leur refus de reconnaître l’évidence: le peuple a tourné la page, et la gestion APR reste dans les mémoires comme un cauchemar économique, social et institutionnel. Aujourd’hui, ils veulent défendre un PSE qui a conduit le pays parmi les 25 nations les plus pauvres du monde, un PSE qui n’a émergé que pour immerger le peuple dans une misère désespérée. Ceux qui ont dilapidé les deniers publics n’ont pas de leçon à donner. Leur place n’est pas dans les studios de conférence mais dans les salles d’audience. Leur posture arrogante et moralisatrice est une gifle à l’intelligence collective du peuple sénégalais.

Faire profil bas ou répondre de leurs actes

Face à l’ambitieux plan de redressement du gouvernement actuel, construit sur des principes de souveraineté économique, de rigueur budgétaire, de transparence et d’inclusion, les partisans du régime Sall feraient mieux de raser les murs, de rentrer dans leurs petits souliers, et de faire profil bas. Car, l’heure n’est pas à la révision des comptes, mais bien à la reddition des comptes. Le peuple n’est pas amnésique. Les délinquants financiers à col blanc, devront répondre de leurs actes. En attendant, ils feraient mieux de s’emmurer dans un silence coupable, plutôt que de s’arroger le rôle de l’oiseau de minerve qui, faute de prendre son envol au crépuscule, pollue, tympanise les autres espèces de la nature, à travers ses gazouillements sonores et stridents.

 

 

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