Le Sénégal doit rembourser pour le mois de mars la somme de Sénégal 746 milliards de francs Cfa dont 509 milliards pour la dette extérieure. En effet, le 6 mars 2018, le Sénégal a levé l’équivalent de 2,2 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux. Cette opération historique a bien été divisée en deux tranches: une tranche de 1 milliard d’euros avec une maturité de 10 ans (échéance finale en 2028) à un taux de 4,75 %. Une autre tranche de 1.2 milliard de dollars avec une maturité de 30 ans (échéance en 2048) à un taux de 6,75 %. «Contrairement à des obligations remboursables in fine (où l’intégralité du capital est remboursée à la toute fin), la structuration de la tranche de 10 ans prévoit que le remboursement du principal soit amorti sur les trois dernières années de sa durée de vie : 2026, 2027, 2028», explique Babo Amadou Ba. Docteur en Sciences de Gestion-Finance et Maître de conférences titulaire à l’Université Amadou Makhtar Mbow.
Cette échéance arrive au moment ou le Sénégal vient d’être classé en catégorie de risque 7, qui constitue le niveau de risque le plus élevé dans la grille d’évaluation utilisée par l’Organisation de coopération et de développement économique [Ocde] pour les crédits export. Cela s’explique par, entre autres, la hausse rapide de l’endettement, le poids croissant du service de la dette dans les recettes fiscales, le renchérissement des conditions de refinancement et dégradation de la perception des marchés, illustrée par la hausse des primes de risque et la décote des eurobonds.
Cela implique un coût de la dette plus élevé [Voir par ailleurs]. Alors que l’Etat est obligé de s’endetter pour payer sa dette, d’une part et faute d’accord avec le Fmi, le Sénégal ne peut plus aller dans le marché des eurobonds. Le pays se limite maintenant dans la zone Uemoa qui commence à s’essouffler. C’est pourquoi certains économistes redoutent un défaut de paiement ou à défaut une restructuration de la dette du pays qui toise les 130 % du Pib.
Ni défaut de paiement ni restructuration
Mais Babo Amadou Ba rassure. Membre de Pastef, le parti au pouvoir, il déclare: «On ne fera pas défaut et y’aura pas de restructuration», dit-il. Selon lui, pour la gestion de la trésorerie, la ligne de financement du commerce de 630 millions d’euros environ 413 milliards de l’International islamic trade finance Corp [Itfc] obtenu par le Sénégal représente un véritable coussin de sécurité. Il rappelle également que le Sénégal a obtenu un «financement suffisant» pour couvrir environ 500 millions de dollars d’euro-obligations (326 milliards) arrivant à échéance en mars, apaisant ainsi les craintes du marché quant à un éventuel défaut de paiement sur sa dette offshore. «Le gouvernement a levé des fonds sur les marchés obligataires régionaux et a déjà dépassé les objectifs fixés pour début 2026, de nouvelles émissions étant prévues avant la fin du premier trimestre. Ces paiements à venir constitueront un test important de la capacité du gouvernement à gérer sa dette sans restructuration. La ligne de l’Itfc est donc un pilier de cette stratégie, aux côtés des 510 milliards de francs Cfa déjà levés sur le marché de l’Uemoa début 2026», assure Babo Amadou Ba
