Moustapha Ka a succédé a Serigne Bassirou Gueye a la présidence de l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac). La cérémonie officielle de passation de service s’est déroulée ce lundi. Le nouveau président a affirmé n’arriver « ni avec des certitudes figées, ni avec des recettes toutes faites », mais avec une conviction forte : « la lutte contre la corruption se construit dans la durée, par la méthode, l’exemplarité et l’intelligence collective ». Il a mis un accent particulier sur la prévention, qu’il considère comme la mission première de tout organe anticorruption, soulignant l’importance de l’éducation citoyenne dès le plus jeune âge.
Moustapha Ka a également mis en exergue les réformes juridiques récentes, notamment le recentrage du périmètre d’intervention de l’Ofnac, la clarification de ses compétences, le respect renforcé des principes de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs, ainsi que la libre publication des rapports des corps de contrôle, qu’il a présentée comme une avancée majeure pour la transparence et la redevabilité publique.
Il a appelé à une mobilisation collective du personnel, insistant sur l’exemplarité, l’éthique et la rigueur comme conditions essentielles de la crédibilité de l’institution. « L’exemplarité n’est pas un slogan, c’est une discipline quotidienne », a-t-il déclaré, tout en affirmant sa volonté de renforcer le dialogue interne, d’améliorer les conditions sociales du personnel et de positionner l’Ofnac comme une vigie nationale et internationale dans la lutte contre la corruption.
Dressant son bilan, Serigne Bassirou Gueye a souligné que l’Ofnac avait achevé la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, élaboré des plans stratégiques de prévention et de communication, assuré la publication régulière des rapports d’activité de 2014 à 2024, et renforcé la bonne gouvernance interne à travers des audits financiers et organisationnels. Il a également évoqué des chiffres qu’il juge significatifs, citant notamment « 2 442 plaintes et dénonciations enregistrées depuis la création de l’Ofnac » et « 55 rapports d’enquête transmis aux autorités judiciaires ».
Il a porté son message sur la transmission du flambeau. Se disant rassuré par le choix de son successeur, il a déclaré avoir laissé l’institution « entre de très bonnes mains », estimant que le nouveau président ferait « plus et mieux », en raison de son expérience, de son sens du devoir et de sa rigueur professionnelle.
