Sénégal-Economie: les revenus pétroliers chiffrés à 266 milliards de FCFA en 2024

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En 2024, l’État sénégalais a perçu 266 milliards de FCFA de revenus pétroliers nets, issus de l’exploitation du champ de Sangomar (dont les recettes totales ont atteint 595 milliards de FCFA). En comparaison, les décaissements attendus du FMI s’élevaient à 230 milliards de FCFA sur la même période.

Autrement dit, la manne pétrolière a permis au pays de tenir debout, là où l’appui budgétaire multilatéral s’est interrompu.
Ce n’est donc pas là le fruit d’un génie gouvernemental ou d’un sursaut de gestion vertueuse. C’est la nature qui a livré ses dividendes pendant que l’exécutif s’est contenté de les encaisser.

Et ce qui frappe le plus, c’est le silence officiel qui entoure cette ressource pourtant cruciale. On n’en parle ni pour saluer son rôle de sauvetage budgétaire, ni pour expliquer où elle va. On encaisse et on se tait. Le régime actuel n’a lancé aucune réforme majeure, ni redéfini la fiscalité, ni réorganisé les grands équilibres budgétaires. Il a simplement hérité d’un calendrier pétrolier entamé bien avant lui et c’est ce calendrier qui tient provisoirement le pays à flot.

La vraie question demeure : qu’a-t-on fait de cette manne ?

La loi n°2022-09 prévoit que les revenus des hydrocarbures soient répartis entre le budget général, un Fonds de stabilisation et un Fonds intergénérationnel, destiné à préserver une part pour les générations futures. Cette même loi confie explicitement la gestion du Fonds intergénérationnel au FONSIS, structure publique spécialisée. Pourtant, dans la loi de finances initiale 2025, ce fonds est curieusement logé à la Présidence de la République, pour un montant de 7,25 milliards de FCFA.

Une violation manifeste de la loi, sans aucun décret explicatif, sans fondement public, sans transparence.  On déplace les fonds, on détourne les procédures mais on ne rend pas compte. Et ce n’est pas tout puisque qu’aucun rapport détaillé n’a été publié sur l’affectation des 266 milliards encaissés en 2024. Les rapports ITIE restent muets sur la ventilation précise de ces ressources.
De même aucun mécanisme de suivi indépendant ni débat parlementaire n’a été activé.

Ce n’est donc pas la transparence qui gouverne mais le flou.

Thierno Bocoum

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