Le projet de loi, portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Régulation des Médias (Cnrm) a été voté par l’Assemblée. Ministre de la Communication et des télécommunications, Alioune Sall affirme que cette loi est un rempart contre la désinformation qui menace la cohésion sociale. «C’est une protection pour nos enfants exposés à des contenus violents ou inappropriés. Un cadre clair pour les créateurs de contenus qui veulent exercer leurs activités dans la légalité et une exigence de responsabilité pour tous les acteurs de l’information », affirme que le ministre, à l’Assemblée.
Premier défi : TikTok, Facebook et les autres.
Le ministre affirme que ces plateformes sont devenues le principal espace de débat public pour des millions de Sénégalais. C’est une réalité. Mais elles fonctionnent avec leurs propres règles, leurs propres algorithmes, leurs propres intérêts.
Comment faire respecter nos lois dans ces espaces ? Comment contraindre des entreprises basées à l’étranger à retirer des contenus illicites ? Comment protéger nos enfants de l’exposition à des vidéos violentes ou pornographiques ? Le CNRM devra avoir les outils juridiques et techniques pour dialoguer avec ces plateformes, les contraindre si nécessaire, et protéger efficacement nos concitoyens.
Deuxième défi : l’intelligence artificielle générative.
Nous entrons dans une ère où il sera de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux. Des vidéos hyperréalistes de personnalités publiques disant des propos qu’elles n’ont jamais tenus, des campagnes de désinformation massive automatisées, des deepfakes à grande échelle, des guides religieux offensés sans respect de nos valeurs…Le régulateur doit pouvoir identifier, tracer et neutraliser ces contenus. Cela suppose des capacités technologiques avancées et une coopération internationale renforcée.
Troisième défi : la protection des mineurs.
Nos enfants passent désormais plus de temps sur les écrans qu’en classe, pour certains. L’exposition à des contenus violents, haineux, pornographiques est un fléau silencieux mais dévastateur. Le CNRM doit avoir les moyens d’imposer aux médias et aux plateformes des mécanismes efficaces de contrôle parental, de signalement et de retrait rapide.
Choisissons-nous un espace public où tout se dit, tout se diffuse, tout se partage, sans règle, sans limite, sans responsabilité ? Où la désinformation prospère, où la haine se propage, où nos enfants sont livrés à eux-mêmes face à des algorithmes conçus pour capter leur attention, et non pour les protéger ? selon lui, le CNRM sera l’instrument de ce choix. Une autorité moderne, dotée de moyens à la hauteur des enjeux, capable de réguler un écosystème médiatique complexe et mondialisé.
