Thiémokho Diop, économiste: si les entreprises ne fonctionnent pas bien, l’activité économique n’est pas stimulée à un moment donné, il n’y aura plus d’entreprises à taxer»

à la une Eco-Finance

Pour financer le Plan d’investissement économique et social (Pres) pour la période 2025-2028, le gouvernement a décidé de faire le focus sur une grande mobilisation des ressources internes. Il prévoit 6 400 milliards F Cfa sur quatre ans, reposant principalement sur la mobilisation fiscale, ainsi que sur de nouveaux instruments de financement endogène.
Sauf que ce
Pres qui constitue un ambitieux programme pour l’Etat risque de plonger le pays dans une crise économique beaucoup plus difficile, à en croire, l’économiste, Thiémokho Diop. Pour M. Diop il faut en même temps stimuler l’économie locale, si le gouvernement veut continuer à taxer les entreprises. «Comme la plupart des autres programmes, la Pres semble privilégier la mobilisation des ressources interne. C’est quand même important mais il faut stimuler l’économie en même temps. Parce que, si les entreprises ne fonctionnent pas bien, l’activité économique n’est pas stimulée à un moment donné, il n’y aura plus d’entreprises à imposer et à taxer», signale Thiémokho Diop, qui s’exprimait, hier, à l’émission «Opinion» sur WalfTv.

Poursuivant, le spécialiste souligne que la hausse des recettes actuellement est plus lié au fait qu’il y avait des retards de paiement de la plupart des entreprises. Donc, selon lui, ces retards de paiement permettent d’avoir des recettes plus élevées mais quand ces retards de paiement vont être soldés, dit-il, «ça va être difficile de continuer à imposer la façon dont ça se fait maintenant et d’avoir des recettes».«D’ailleurs, j’ai vu le représentant du Fonds monétaire international (Fmi) douter de la capacité du pays à avoir plus de recettes. Donc cette question se pose», explique-t-il.Thiéomokho Diop rappelle que le changement de régime a occasionné une grosse tension dans le monde du travail où beaucoup de travailleurs se sont vus licenciés. Pis d’autres entreprises ont même mis les clés sous le paillasson certainement à cause de la pression fiscale. Selon lui, si cette situation perdure les entreprises vont continuer à fermer et l’État n’aura plus grand monde à imposer. Parce que de son avis, on ne peut pas mettre une politique fiscale sans avoir une activité économique assez robuste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *