En 7 mois seulement, le Sénégal a subi 3 dégradations majeures de sa note souveraine par 2 agences de notation :
- Moody’s abaissé la notation de B1 à B3 le 21 février 2025, avec perspective négative;
- Le 1er mars 2025, S&P a abaissé la note de B+ à B, avec perspective stable et;
- Le 14–15 juillet 2025, S&P l’a encore dégradée, passant de B à B‑, et a placé la note sous perspective négative.
Si Une dégradation n’a pas été signalée du côté de Fitch, la 3ème agence majeure de notation internationale trois dégradations successives de la note souveraine du Sénégal en 6 mois seulement, c’est beaucoup trop pour un seul pays.
Si je salue la lecture qui a été faite hier, par le Premier Ministre, de 8 mesures pour rendre plus coordonnée et plus efficace l’action gouvernementale, ainsi que la nécessité de mettre en place un système de suivi et évaluation, je suis encore plus rassuré par le discours très responsable du même jour, du Président de la République qui appelle tous les Sénégalais à se rassembler pour se concentrer sur les urgences de l’heure qui accablent le quotidien des populations Sénégalaises et auxquelles il faut apporter des réponses à la fois efficace et urgentes.
Je dis depuis le soir du 26 Septembre 2024, après la conférence de presse du Premier Ministre sur les problèmes de “fiabilité” dans la tenue des comptes publics que:
- Quand on gouverne, on gère des contradictions. On ne devrait donc pas soulever en public, des problèmes graves, sans dans la foulée, édicter et énoncer des mesures crédibles et faisables pour gérer efficacement ces mêmes problèmes. Parce que c’est comme cela qu’on rassure prêteurs et investisseurs;
- L’une des premières urgences pour le gouvernement, c’est de mettre rapidement de l’ordre dans les finances publiques et de le démontrer de manière transparente;
- Démontrer comment sont survenus des problèmes qui mettent en cause la “fiabilité” des comptes publics parce que pour les bailleurs de fonds, quand on dit qu’il y a “falsifications”, c’est qu’on est capable de démontrer comment cela a pu se faire;
- Mettre en place un système qui permet de démontrer que l’État s’est donné les moyens d’exercer ses responsabilités fiduciaires de manière indiscutable;
- Travailler à 360 degrés pour diversifier les sources de financement du développement et éviter de rester dans une approche linéaire qui fait dépendre les finances publiques des seules négociations avec le FMI dont les débuts et résultats sont uncertains;
- Repenser le financement du développement de manière à se convaincre d’abord que ce n’est pas le budget d’un État qui finance le développement, l’argent public devant plutôt cibler des segments précis de chaînes de valeurs potentielles pour libérer les forces d’une croissance inclusive qui génère ses propres instruments et modalités de financement décomplexés de l’endettement public.
Ce qui précède est en droite ligne de l’analyse que j’avais faite sur les 100 premiers jours de l’Administration du Président Bassirou Diomaye Faye?
comme Invité des Rédactions de ITV, Iradio, Bess Bi Le Jour et Emedia Invest et que je me dois encore de résumer dans les termes qui suivent.
Un projet de développement économique et social d’un pays, est une vision qui doit être traduite en stratégies dans le cadre d’une doctrine qui définit clairement ses instruments et ses principes d’intervention, ainsi que ses modes de financement et modalités de mise en oeuvre qui les traduisent en grappes intégrés de programmes, projets et interventions.
C’est ce qui avant tout, permet de lire dans les opportunités économiques, en termes de perspectives d’investissement basées sur l’dentification des risques et leur système de mitigation, ainsi que l’évaluation des contraintes et leurs modes de gestion.
Source : Pape Demba Thiam, économiste
