Le fonctionnement du système bancaire ne facilite pas les choses. “Si on ne les accompagne pas, on ne peut pas avoir une démocratisation de l’accès à la propriété. Tant qu’on ne va pas réussir à accompagner une masse critique de Senegalais à devenir propriétaire, on aura du mal à transformer notre économie“, prévient Babacar Gning. C’est parce que les banques ne veulent pas prendre de risques. Les longs financements sont un défi. “C’est très difficile d’avoir des financements sur 15 ans et 20 ans. Pour rendre l’immobilier supportable aux travailleurs, il faut des horizons très longs, mais les banques répondent que la ressource est rare. Conséquences: beaucoup de promoteurs conçoivent des projets avec des financements de 5 ans et 7 ans avant de proposer la location vente“, explique Babacar Gning.
La location-vente est très lourde. “Sur les dernières années, il y a très peu de logements en location vente que des sociétés proposent. Il faut avoir beaucoup de fonds et être patient pour en faire“, souligne Babacar Gning. De son avis, quand un promoteur veut tout faire en même temps, c’est très lourd. Conséquence: “Il se retrouve en train de faire un crédit pour financer le projet, construire, vendre et patienter dans le contrat de location vente. La charge financière fait que beaucoup ont beaucoup de mal à tenir les modèles de location vente. La plupart ont arrêté pour ne faire que de la vente sur plan ou la vente accompagnée, c’est-à -dire le paiement en deux tranches“, expose Babacar Gning.
Le déficit au Sénégal est estimé à 500 mille logements en 2025. Il y a 12 mille demandes par an. L’offre ne dépasse pas 5 mille à 6 mille logements par an, selon la Directrice des Investissements et des partenariats, Fama Diop, face à la presse avant-hier pour présenter un programme de location vente.
