Par Candido CAMARA
Dakar, Le parti de l’ancien président Macky charge Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. En conférence de presse ce mercredi, Aissata Tall Sall déclare: “les chiffres de la LFR sont particulièrement alarmants. Les recettes budgétaires sont revues à la baisse de 340,1 milliards de FCFA, les dépenses augmentent de 150 milliards, le déficit budgétaire passe de 5,4 % à 7,6 % du PIB et les prévisions de croissance sont ramenées de 5 % à 2,7 %. Parallèlement, les investissements publics subissent une réduction de 555 milliards de FCFA. Ces chiffres traduisent la fragilité des prévisions budgétaires initiales et soulèvent de sérieuses interrogations sur l’efficacité du PRES, dont les ressources attendues connaissent une révision particulièrement importante”.
Puis elle ajoute: “Comment un plan présenté comme l’instrument du redressement économique peut-il connaître, quelques mois seulement après son lancement, une telle dégradation de ses perspectives financières ? Comment un programme censé restaurer les équilibres budgétaires peut-il se traduire par des résultats aussi éloignés des objectifs annoncés “?
L’APR avait exprimé ses réserves sur la crédibilité de certaines hypothèses du PRES et sur le caractère irréaliste de prévisions insuffisamment ancrées dans les réalités économiques. Les révisions aujourd’hui présentées par le Gouvernement renforcent ces interrogations.
À l’évidence, dit-elle, le PRES apparaît désormais comme une promesse dont les résultats restent largement à démontrer. Derrière ces chiffres, il y a une réalité économique et sociale : des chantiers ralentis, des entreprises privées de commandes, des investissements compromis, des emplois menacés et des infrastructures attendues par les populations qui tardent à voir le jour. À cela s’ajoute le poids de la dette intérieure. Le Gouvernement évoque près de 1 956 milliards de FCFA d’arriérés et prévoit d’en apurer une partie à hauteur de 300 milliards.
Elle demande la publication d’un calendrier crédible de règlement des créances reconnues et exigibles, avec une attention particulière aux PME et aux entreprises fragilisées par les retards de paiement, qui exposent leurs travailleurs au chômage technique, voire au licenciement. Son elle, la situation du financement public appelle également des explications transparentes. Le besoin brut de financement atteint 6 774,2 milliards de FCFA en 2026, dont plus de 4 500 milliards au titre de l’amortissement de la dette. La question ne porte donc pas uniquement sur le déficit annuel, mais également sur le coût et les conditions du refinancement.
Concernant les discussions avec le FMI, l’APR prend acte des avancées annoncées. Toutefois, un accord au niveau des services ne constitue pas encore un programme définitivement approuvé. Nous attendons des éclaircissements sur les modalités de traitement de la dette, dont le coût de financement a été alourdi par les choix du Gouvernement actuel, ainsi que sur les garanties de financement, les engagements budgétaires et leurs conséquences économiques et sociales. L’APR considère que le redressement des finances publiques ne doit pas se traduire par un affaiblissement durable de l’économie réelle, une dégradation du pouvoir d’achat et une détérioration des conditions de vie des Sénégalais.
Elle affirme par ailleurs que la question énergétique constitue aujourd’hui l’une des préoccupations majeures de nos compatriotes. Les coupures d’électricité signalées dans plusieurs localités, les difficultés d’approvisionnement en combustibles, les perturbations dans la distribution des produits pétroliers et la hausse des prix des carburants interrogent la sécurité énergétique de notre pays. Après le relèvement des prix du supercarburant et du gasoil en août 2026, les ménages et les entreprises restent exposés aux répercussions sur les transports, les prix des marchandises et les coûts de production. Dans le même temps, la facture budgétaire des subventions énergétiques est passée de 250 à 790,3 milliards de FCFA dans le projet de LFR.
“Nous comprenons les contraintes liées à l’évolution des cours internationaux du pétrole. Mais le Gouvernement doit expliquer clairement sa stratégie. Comment entend-il garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité ? Quelle est sa stratégie de sécurisation des combustibles nécessaires à la production ? Quelle trajectoire prévoit-il pour les prix des carburants et de l’électricité ? Quelles mesures de protection sont prévues pour les ménages vulnérables et les secteurs productifs ?
Selon elle, il ne suffit pas d’annoncer un passage à des subventions ciblées. Encore faut-il en préciser les bénéficiaires, les mécanismes et les conséquences tarifaires. L’énergie n’est pas une dépense ordinaire. Elle conditionne le fonctionnement des entreprises, des hôpitaux, des écoles, des transports et de l’ensemble de notre appareil productif. Une politique énergétique doit être évaluée à l’aune de sa capacité à garantir un service accessible, régulier et fiable, tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages.
Une question essentielle doit être posée : qui supporte réellement le coût des errements de nos gouvernants ? Ce ne sont pas les responsables politiques, qui continuent de bénéficier des avantages attachés à leurs fonctions. Ce ne sont pas non plus les députés, dont les indemnités demeurent liées à leur statut. Ce sont d’abord les Sénégalais. C’est l’entrepreneur qui attend le règlement de ses créances auprès de l’État. C’est le jeune qui espère un financement pour lancer son activité. C’est le travailleur qui voit son pouvoir d’achat s’éroder. C’est l’hôpital qui a besoin de ressources pour fonctionner, l’école qui doit disposer des moyens nécessaires à sa mission et le ménage contraint d’arbitrer chaque jour entre les dépenses indispensables. Le coût des erreurs de gouvernance ne doit pas être supporté par les populations.
Face à cette situation, l’APR, fidèle à sa ligne politique et aux intérêts du Sénégal, ne choisira ni le camp du chantage ni celui de la complaisance. Notre démarche ne consiste pas à nous réjouir des difficultés du Gouvernement, mais à exiger des réponses aux problèmes concrets auxquels notre pays est confronté.
À ce titre, l’Apr demande:* la clarification de la trajectoire budgétaire et des conditions du programme envisagé avec le FMI ; la protection effective du pouvoir d’achat ; la sécurisation de l’approvisionnement énergétique ; la publication d’un calendrier crédible de règlement de la dette intérieure ; le respect des accords sociaux ; l’amélioration des conditions de fonctionnement des établissements scolaires et des structures sanitaires et la publication d’un calendrier électoral transparent.
“Nous demandons également que les décisions économiques et financières de l’État fassent l’objet d’évaluations précises de leurs conséquences sur l’investissement, l’emploi et les catégories les plus vulnérables. Sur le plan institutionnel, la confrontation entre l’Exécutif et la majorité parlementaire exige une clarification des responsabilités. Le Gouvernement doit pouvoir exercer ses prérogatives dans le respect de la Constitution, tandis que l’Assemblée nationale doit pouvoir exercer librement ses fonctions de contrôle et de vote. En tout état de cause, les divergences politiques ne doivent pas compromettre la continuité de l’État. Si les contradictions au sommet du pouvoir conduisaient à une impasse durable, la question d’un retour aux urnes pourrait légitimement être examinée dans les conditions prévues par la Constitution. Une telle perspective ne saurait toutefois dispenser les autorités d’apporter, dès à présent, des réponses aux urgences économiques et sociales”, poursuit-elle.
Dans un contexte de faillite totale du régime Pastef dans ses deux composantes, combinée à une crise politique, économique, et sociale de forte amplitude, L’APR réaffirme, avec force, ses lignes politiques directrices. Celles qui combinent et articulent l’exigence de bâtir un parti fort, chevillé dans une opposition unie autour de l’essentiel, à savoir : combattre, puis battre le pouvoir afin de construire, ensemble, l’après Pastef.
C’est pourquoi, l’APR lance un appel solennel à toute l’opposition, à toutes les forces vives de la nation, pour la construction d’un puissant bloc destiné à défaire le régime de ruine national, installé par le «Pastef-system». Dans le même sillage, elle apporte son soutien politique appuyé et total à la coalition Takku Wallu Sénégal, remarquable par sa lucidité, sa bravoure et sa force combattante, contre une secte et son gourou, honni et vomi des populations. Tout comme elle renouvelle le bail de confiance, de loyauté, d’engagement politique et militant qui la lie au FDR. C’est pour toutes ces raisons également que notre parti, l’APR, soutient et encourage toutes les forces politiques, citoyennes et de la société civile, qui ont trépondu favorablement à l’instar du Président Idrissa Seck, à lappel de l’histoire en se mobilisant résolument contre le Pastef et ses derives, pour le plus grand bonheur du peuple sénégalais.
“Sous le leadership du Président Macky Sall, notre parti poursuit sa réorganisation et prépare les conditions d’une alternative politique crédible pour 2029, fondée sur un projet rénové, son expérience gouvernementale, son implantation territoriale et sa capacité de renouvellement. Notre ambition ne se limite pas à la reconquête du pouvoir. Elle consiste à proposer aux Sénégalais une vision cohérente pour redresser l’économie, restaurer la confiance, consolider nos institutions. Le Sénégal mérite mieux que les querelles de ses dirigeants. Il mérite une gouvernance responsable, des institutions respectées et des résultats à la hauteur des attentes de son peuple” conclut Aissata Tall Sall.
