COP17 BIODIVERSITÉ À EREVAN: LE SÉNÉGAL INTERPELLE SUR PLUS DE 30 ANS DE PROMESSES DE FINANCEMENT

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Par Babou Biram FAYE

«Une génération grandit ; l’attente demeure».

À la tribune de la COP17 sur la biodiversité, le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, a mis en lumière un paradoxe qui traverse depuis des décennies la coopération internationale en faveur de la nature : malgré les engagements successifs, les pays ont toujours besoin de ressources adéquates et prévisibles pour passer des promesses aux réalisations. À Erevan, en Arménie, le Sénégal a porté un message clair au segment de haut niveau de la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17).

Dans une déclaration lue au nom du Sénégal par le Dr Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le Sénégal a appelé la communauté internationale à traduire ses engagements en moyens concrets pour protéger la biodiversité.

Au cœur de cette intervention, une formule particulièrement marquante, qui résume plus de trois décennies d’attentes : «Certains participants, ici présents, sont nés avec cette Convention. Plus de trente ans après, les voilà qui plaident à leur tour pour les financements que nous réclamons depuis sa naissance. Une génération grandit ; l’attente demeure»

Par cette interpellation, Dr Aliou Gori Diouf a mis en relief le décalage entre l’ancienneté des engagements internationaux en faveur de la biodiversité et la persistance des besoins de financement nécessaires à leur mise en œuvre. Le constat est d’autant plus interpellant que la dégradation des écosystèmes exige des réponses plus rapides, mieux coordonnées et durablement financées.

*Du temps des engagements à celui des réalisations* 

Pour le Sénégal, l’heure n’est plus seulement aux déclarations d’intention. Elle est à l’accélération de l’action, au renforcement des capacités nationales et à la mobilisation de ressources à la hauteur des ambitions affichées. Le Sénégal a rappelé que sa Stratégie et son Plan d’action national pour la biodiversité 2026-2030, en cours de finalisation, s’inscrivent dans les vingt-trois cibles du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Dans sa déclaration , le Ministre a, également, mis en avant les efforts de conservation du Sénégal, notamment, le développement des aires protégées et l’extension des espaces marins protégés.

Cette orientation repose sur une conviction : la préservation de la nature ne peut produire des résultats durables sans des institutions dotées de moyens suffisants, des données fiables, des compétences techniques renforcées et des équipes capables d’agir efficacement sur le terrain.

*Le Sénégal mise aussi sur ses propres ressources* 

L’appel adressé aux partenaires internationaux ne dispense pas les États de prendre leurs responsabilités. Dans sa déclaration, le Sénégal a souligné sa volonté de mobiliser des ressources nationales à travers plusieurs instruments, notamment, le budget vert, la fiscalité pollueur-payeur et la préparation d’un Fonds fiduciaire pour la biodiversité.

En cohérence avec la vision d’une transition écologique juste et souveraine portée par le président de la République.du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, cette démarche entend renforcer la capacité du pays à financer, durablement, ses priorités environnementales.

Le message aux partenaires est tout aussi explicite : les financements doivent être adéquats, prévisibles et accompagnés d’investissements dans les équipements, la formation et les capacités opérationnelles.

*Biodiversité, développement et justice écologique* 

Au-delà de la question financière, le Sénégal a plaidé pour une approche intégrée de l’action environnementale. La biodiversité ne saurait être dissociée des enjeux d’alimentation, d’accès à l’eau, de santé, de bien-être et de revenus des populations. C’est pourquoi, Dr Aliou Gori Diouf, au nom du Sénégal, défend une mise en œuvre conjointe des conventions de Rio et des autres accords multilatéraux sur l’environnement, avec une attention particulière aux territoires et à la participation des communautés, des femmes et des jeunes.

Cette approche vise à faire de la protection des écosystèmes un levier de résilience, de développement et de souveraineté, plutôt qu’une exigence environnementale isolée des réalités économiques et sociales.

Le Sénégal a, par ailleurs, rappelé son engagement en faveur de la conservation marine en annonçant l’accueil, du 22 au 27 mars 2027, du sixième Congrès international sur les aires marines protégées (IMPAC6).

*Une interpellation qui résume l’urgence* 

À Erevan, la déclaration sénégalaise a ainsi placé la question du financement au centre d’un enjeu plus large : la crédibilité de l’action internationale en faveur du vivant. Car, lorsque plusieurs générations se succèdent sans que les ressources attendues soient à la hauteur des engagements, c’est la capacité collective à inverser la tendance qui se trouve questionnée.

La formule du Dr Aliou Gori Diouf rappelle que le temps des négociations ne peut être indéfiniment dissocié du temps de l’action. Les stratégies existent, les objectifs sont définis et les engagements sont pris. Reste à leur donner les moyens de produire des résultats mesurables.

*«Excellences, la promesse est faite. Passons de l’engagement à la réalisation»* 

Cette conclusion résume la position défendue par le Sénégal à la COP17 : faire de la préservation de la biodiversité une responsabilité partagée, soutenue par des financements prévisibles, des politiques cohérentes et des actions concrètes au bénéfice des générations présentes et futures.

*BBF*

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