«La décision du Conseil constitutionnel rappelle avant tout que l’État de droit exige le respect des procédures. Elle ne démontre pas que le Sénégal serait prisonnier d’une Constitution inadaptée ou d’institutions défaillantes. Notre pays ne souffre pas aujourd’hui d’une crise institutionnelle. Il dispose d’une Constitution, d’institutions fonctionnelles et d’un juge constitutionnel qui exerce pleinement son rôle de contrôle. C’est précisément la preuve que nos institutions fonctionnent.
Le véritable défi des Sénégalais est ailleurs. Depuis deux ans, les préoccupations majeures portent sur le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes, la relance de l’investissement, le soutien aux entreprises, la maîtrise de la dette et la croissance économique. Ce sont ces questions qui impactent directement le quotidien des citoyens.
Faire croire que la priorité serait une nouvelle réforme constitutionnelle ou un réalignement institutionnel revient à déplacer le débat. Les institutions ne créent pas, à elles seules, la croissance. Elles offrent un cadre. Ce sont les politiques publiques, les réformes économiques et la confiance des investisseurs qui créent la richesse et les emplois.
Le Sénégal n’a pas besoin d’ouvrir en permanence un chantier constitutionnel. Il a besoin d’un cap économique clair, de stabilité, de réformes efficaces et de résultats concrets. L’urgence est de remettre l’économie sur les rails, de restaurer la confiance et d’améliorer les conditions de vie des Sénégalais. C’est sur ces priorités que les citoyens attendent leurs dirigeants, bien plus que sur un débat institutionnel dont les effets sur leur quotidien restent limités. »
