Ces derniers jours, le marché régional a fortement reculé. Le 23 septembre, l’indice BRVM Composite a perdu 3,66 % en une seule séance : 41 valeurs en baisse, 2 seulement en hausse. Sur trois dernières séances, l’indice est passé de près de 554 points à 516 points.
Beaucoup se demandent ce qui se passe. Voici quelques clés de lecture.
Le marché est devenu cher: Depuis début 2025, les cours ont beaucoup monté, plus vite que les bénéfices des entreprises. Le PER moyen du marché (le nombre d’années de bénéfice qu’on accepte de payer pour une action) est passé d’environ 10-11 à près de 18. Autrement dit : on payait de plus en plus cher les mêmes profits. Ce genre de situation ne dure jamais indéfiniment.
Les actions rapportent moins que les obligations d’État:
Début septembre, un indicateur appelé « prime de risque » est devenu négatif. En clair : placer son argent en actions rapportait moins qu’un placement sans risque en obligations d’État.
Quand cela arrive, une correction devient logique : pourquoi prendre plus de risque pour gagner moins ?
Trois étincelles ont déclenché le mouvement:
– Le pétrole élevé (plus de 100 $ le baril) qui pèse sur les coûts des entreprises de la région.
– Des résultats semestriels décevants par rapport aux attentes très élevées du marché (exemple : Baisse de 88% de SAPH, et surtout BIIC dont le T2 réel ressort à −7 % alors que le marché avait payé la croissance de +48 % du T1).
– Des prises de bénéfices : les investisseurs qui avaient réalisé de fortes plus-values ont vendu pour sécuriser leurs gains. Ce sont d’ailleurs les valeurs les plus montées cette année qui ont le plus baissé ( exemple : Coris −7,50 % après +166 % sur l’année, NSIA −7,49 % après +81 %, SMB −7,48 % après +54 %.)
CE QU’IL FAUT RETENIR:
Cette baisse n’est pas un effondrement. C’est plutôt un retour à la normale : le marché dégonfle un excès de valorisation et revient vers des niveaux plus raisonnables. Pour l’investisseur de long terme, ces phases font partie du jeu. L’essentiel n’est pas de paniquer à chaque baisse, mais de connaître la valeur réelle ( la valorisation) des entreprises que l’on suit pour distinguer une vraie opportunité d’une simple baisse de prix.
Un marché qui baisse n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. C’est parfois le moment où les investisseurs patients, qui ont gardé de la liquidité, trouvent de meilleurs points d’entrée.
La semaine a commencé brutalement à la BRVM. Après 29 valeurs en baisse lundi 21 septembre, 35 titres ont reculé mardi, contre seulement 5 en hausse. Le BRVM Composite est passé de 553,71 points vendredi à 535,90 points mardi : −3,22 % en deux séances.
Les grandes valeurs sont aussi touchées. Le BRVM 30 a perdu 1,89 % lundi, puis 1,57 % mardi. Ce dernier jour, les indices des services publics ont cédé 5,60 %, de l’énergie 4,14 % et des services financiers 2,24 %.
Côté actions, BIIC Bénin a chuté de 7,50 % mardi, Filtisac de 6,83 %, Coris Bank International Burkina Faso de 6,06 % et BOA Niger de 5,77 %. Plusieurs autres banques ont terminé dans le rouge.
Le signal était visible dès vendredi : les indices montaient encore, portés notamment par Sonatel, mais 30 actions baissaient déjà . La hausse de quelques poids lourds masquait la faiblesse d’une grande partie du marché.
avec Koffi  Ngessan
