Diplomatique sénégalaise: le président Diomaye décline ses grands axes

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Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce samedi à Dakar l’ouverture de la 7e Conférence générale des Ambassadeurs et Consuls généraux du Sénégal.
«Jvous exhorte à vous inscrire pleinement dans cette tradition d’excellence, héritée de vos devanciers dont l’engagement au service de l’Etat et de la nation demeure une source d’inspiration.

Je tiens à leur rendre ici un hommage appuyé et à m’incliner devant la mémoire de ceux qui nous ont quitté récemment, notamment les Ambassadeurs Massamba Sarré, Henri Arfang 5Senghor, Youssouph Barro, Saloum Kandé, Papa Louis Fall, André Coulbary et Pierre Diouf, ainsi que Monsieur Diégane Samba Thioune.

A travers eux, c’est toute une génération pionnière de notre diplomatie que nous honorons. Qu’ils reposent en paix. L’héritage qu’ils nous ont légué continue d’éclairer les fondements de notre politique étrangère, articulée autour de principes constants : le bon voisinage ; la promotion de la paix et de la sécurité internationales ; la défense des droits de l’Homme ; l’approfondissement de l’intégration africaine ; ainsi que la protection de notre diaspora et de nos intérêts économiques.

Ces  principes demeurent intangibles. Toutefois, le monde évolue, et avec lui émergent des défis inédits dans un environnement international de plus en plus instable et incertain.

Voilà pourquoi, il nous appartient, tout en nous appuyant sur nos ressorts traditionnels, d’adapter notre diplomatie et de moderniser ses instruments pour la rendre plus efficace. C’est toute la pertinence du thème de vos travaux « la diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action ». Ce renouveau traduit une inflexion assumée : le passage d’une diplomatie de présence à une diplomatie de souveraineté, de résultats et d’anticipation au service de nos intérêts stratégiques. Il ne s’agit nullement d’un repli, mais bien de l’affirmation lucide de notre capacité à définir et à conduire, en toute indépendance nos choix et nos priorités.

Notre ambition est de bâtir un Etat engagé sur la voie du développement durable, fondé sur des partenariats équilibrés, respectueux et mutuellement bénéfiques. A ce propos, votre nouvelle boussole sera l’agenda national de transformation, la vision Sénégal 2050, qui identifie des secteurs prioritaires tels que : la gouvernance transparente, la souveraineté alimentaire, les infrastructures, l’industrialisation et le numérique.

Nous vivons dans un monde de grandes turbulences géopolitiques et de défis inédits, y compris dans notre voisinage immédiat, avec des risques sérieux de fragmentation de notre espace communautaire.

Il s’y ajoute les effets multiples du dérèglement climatique, une crise économique profonde et un multilatéralisme mis à rude épreuve. La recrudescence des conflits armés et les tensions récurrentes entre puissances nucléaires, nous interrogent sur l’efficacité des mécanismes actuels de prévention et de gestion des crises. Nous assistons à une banalisation du recours unilatéral à la force, en contradiction flagrante avec les principes de la charte des Nations Unies.

Une telle évolution met en péril l’équilibre du monde et heurte profondément notre conception de la dignité humaine. Le Sénégal condamne toute approche sélective de la valeur de la vie humaine et continuera de s’opposer, avec constance, à toute forme de« deux poids deux mesures ». Plus que jamais, il est important d’œuvrer à l’avènement d’un ordre international plus juste, où l’humain demeure au cœur des préoccupations  et où chacun pourra vivre dans la paix, la dignité et la sécurité.

Dans cette perspective, la voix du Sénégal continuera de porter, avec clarté et détermination, sur les causes d’essence universelle, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’action unitaire aux niveaux sousrégional et continental.

Je suis convaincu que, fort de notre unité, de

notre solidarité et de notre confiance en nous- mêmes, nous sommes en mesure de jouer un rôle de premier plan dans la construction de l’avenir de notre continent. Cela implique un engagement renforcé en faveur de l’intégration africaine, tant dans la 11conception que dans la mise en œuvre des politiques communautaires, ainsi qu’une mobilisation accrue pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

Pour nous, le multilatéralisme doit rester le cadre privilégié de l’action internationale. Mais il doit impérativement se réinventer. Il doit être rénové et revitalisé pour le sortir du statu quo post guerre mondiale. Cela passe par une réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale afin de la rendre plus équitable, plus représentative et mieux adaptée aux réalités contemporaines. L’Afrique doit y occuper la place qui lui revient et ses priorités doivent être pleinement prises en compte.

La diplomatie sénégalaise restera engagée pour la cause climatique selon le principe de responsabilité commune mais différenciée, en faveur d’une transition énergétique juste et équitable.

Fidèle à ses valeurs, le Sénégal continuera également de promouvoir l’égale dignité des cultures et des civilisations. Le respect de la diversité constitue un fondement essentiel de la coexistence pacifique entre les peuples. Aucune civilisation ne saurait prétendre ériger ses valeurs en normes universelles au détriment des autres.

Le renouveau de notre diplomatie passe également par une meilleure prise en charge de nos compatriotes de l’extérieur. Leur contribution constitue un levier stratégique majeur pour notre développement. C’est pourquoi j’ai tenu à intégrer pleinement la diaspora dans le champ de compétences du ministère.
Par ailleurs, l’efficacité de notre action extérieure repose sur la performance de notre appareil diplomatique et sur une coordinationaccrue entre les différentes entités de l’Etat. Dans  un environnement international de plus en plus compétitif, le ministère des affaires étrangères doit assumer pleinement son rôle de chef de file, dans un esprit de cohérence, de complémentarité et d’efficacité. Il est impératif d’éviter toute dispersion de nos initiatives qui nuirait à la lisibilité et à l’impact de notre diplomatie. »

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