Par Babou Biram FAYE
Dakar, 19 octobre 2026- Le Sénégal franchit une étape majeure dans sa transition écologique avec le lancement officiel de sa Taxonomie verte, ce lundi à Dakar, sous la présidence du Dr Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique. Objectif : orienter les financements vers des activités durables, attirer les investissements privés et accélérer la transformation de l’économie nationale.
Fruit de trois années de concertation et de plus de 400 contributions, cette Taxonomie établit un référentiel commun permettant d’identifier les activités économiques contribuant aux objectifs environnementaux et climatiques. Elle vise, également, à lutter contre l’écoblanchiment (greenwashing) et à renforcer la confiance des banques et des investisseurs.
Un enjeu financier de 13 milliards de dollars
L’urgence est aussi économique. Selon la Contribution déterminée au niveau national (CDN), les besoins de financement climatique du Sénégal à l’horizon 2030 sont estimés à 13 milliards de dollars, dont 8,2 milliards de financements conditionnels. Un défi qui rend indispensable la mobilisation des capitaux privés, en complément des ressources publiques et de l’aide extérieure.
La Taxonomie verte couvre six secteurs prioritaires : l’énergie ; l’agriculture, la pêche, la foresterie et l’élevage ; l’industrie ; l’eau, l’assainissement et les déchets ; les transports ; ainsi que le bâtiment et la construction. Pour l’État, elle doit éclairer les politiques publiques et la planification budgétaire. Pour les banques et les investisseurs, elle offrira des critères d’évaluation des projets durables. Les entreprises pourront, quant à elles, mieux structurer et valoriser leurs initiatives vertes.
Passer de l’ambition à l’investissement
Inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, cet instrument entend concilier croissance économique, préservation des ressources naturelles, création d’emplois verts et résilience climatique. Pour le Dr Aliou Gori Diouf, le lancement marque, toutefois, le début d’un nouveau chantier qui consiste à faire entrer la Taxonomie dans les pratiques de financement, renforcer les capacités des acteurs et mesurer, concrètement, les résultats des investissements. L’enjeu est, désormais, de transformer ce référentiel en levier d’action : faire de la transition écologique une opportunité d’investissement, de création d’emplois et de développement durable pour le Sénégal.
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