LA CHRONIQUE DE BBF : SONKO FACE À SES PROPRES CHOIX, Où sont le patriotisme, la responsabilité et l’éthique républicaine ?

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Par Babou Biram FAYE

Ses contradictions politiques deviennent comme les “trois normaux” du thé au Sénégal  Et ses postures finissent par mettre à l’épreuve la crédibilité de celui qui prétend incarner la révolution, le changement. Hier, au nom du “redressement économique”, les Sénégalais étaient invités à consentir des sacrifices, à accepter de nouvelles taxes et à supporter les contraintes d’un programme présenté comme indispensable au salut des finances publiques. Aujourd’hui, Ousmane Sonko dénonce une “pression fiscale excessive” et menace de faire rejeter la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 si ses exigences ne sont pas satisfaites.

Le paradoxe mérite d’être posé : comment peut-on appeler le peuple à se serrer la ceinture et, dans le même temps, brandir la menace d’un blocage budgétaire au nom de la défense de ce même peuple ? Ce lundi 19 octobre 2026, le président de PASTEF a annoncé que son groupe parlementaire ne voterait ni la LFR 2026 ni, en l’état, la loi de finances initiale pour 2027 sans garanties concernant, notamment, l’encadrement des fonds spéciaux. Il conteste, également, les arbitrages relatifs aux subventions pétrolières, aux dépenses sociales et à l’investissement. Ce sont des questions sérieuses qui méritent un débat sérieux. Mais, elles ne sauraient justifier que l’intérêt général devienne l’otage d’un bras de fer politique.  Aucunement!

LE PEUPLE NE DOIT PAS PAYER LE PRIX DES CONTRADICTIONS POLITIQUES

Une Loi de finances rectificative (LFR) ne peut être un trophée politique, encore moins, un instrument de chantage institutionnel. Elle permet à l’État d’ajuster ses prévisions budgétaires à l’évolution de la conjoncture, de ses recettes et de ses dépenses. Le projet de LFR 2026 intervient, notamment, dans un contexte de tensions énergétiques internationales, de révision des perspectives de croissance et de recettes attendues du Plan de redressement économique et social inférieures aux prévisions initiales.

Dans ces circonstances, le Sénégal a besoin de lucidité, de dialogue et de décisions responsables. L’encadrement des fonds spéciaux, la transparence budgétaire et la protection des populations sont des exigences légitimes. Personne ne devrait les balayer d’un revers de main. Mais, la défense de ces principes doit emprunter les voies du débat parlementaire, de l’amendement et d’un compromis dynamique, républicain, plutôt que conduire à un éventuel blocage dont les conséquences pourraient affecter les services publics et les citoyens. On ne défend pas le peuple en aggravant ses incertitudes. On le défend en apportant des solutions. À force de transformer chaque désaccord en épreuve de force, le risque est de brouiller les responsabilités, de fragiliser la confiance et de faire passer les calculs politiques avant les urgences nationales.

DIOMAYE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITÉS

Au Sénégal, on dit :”borom tiaq dou xeex ak borom baati neen”. Littéralement, “celui qui a un collier autour du coup ne doit pas se battre contre quelqu’un qui n’a rien autour du coup”. Comprenez. On est d’accord, dans une certaine mesure.
Mais, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ne peut se soustraire à ses responsabilités institutionnelles. Il lui appartient de veiller à la continuité de l’État, au fonctionnement régulier des institutions et à la préservation de l’intérêt général. Face aux tensions qui traversent, aujourd’hui, le pouvoir, il doit faire prévaloir l’autorité de l’État, la cohérence de l’action gouvernementale et le respect des institutions. Non par esprit de confrontation, mais, parce que la République ne peut être suspendue aux rivalités entre acteurs issus d’une même famille politique.

Le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre de leadership. Notre pays a, plutôt, besoin d’une gouvernance lisible, d’une majorité responsable et d’institutions qui fonctionnent au service des citoyens. La solidarité politique ne saurait devenir une obligation de silence. Et la loyauté et le respect envers un homme ou un parti ne saurait primer sur la responsabilité envers la nation.

LES JOJ DAKAR 2026 : L’HEURE N’EST PAS AUX PETITS CALCULS

À quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, le Sénégal s’apprête à accueillir un événement historique pour notre continent. Ce rendez-vous dépasse les rivalités partisanes. Il engage notre crédibilité internationale, notre capacité d’organisation et l’image que nous voulons donner de notre pays. C’est, précisément, dans ces moments que les responsables politiques sont attendus sur leur sens de l’État. Leurs divergences ne doivent ni paralyser les institutions ni détourner l’attention des préoccupations quotidiennes des Sénégalais.

Si certains choix gouvernementaux sont contestables, qu’ils soient débattus et corrigés. Si des dépenses doivent être contrôlées, qu’elles le soient. Si des engagements doivent être respectés, qu’ils le soient. Mais, que personne ne confonde l’exercice du contrôle parlementaire avec le droit de prendre le pays en otage. Les Sénégalais sont en droit d’exiger des explications, des comptes et des résultats. Ils doivent pouvoir juger les responsables sur leurs actes, leurs décisions et les conséquences concrètes de leurs choix.

MA PART DE  VÉRITÉ

Ousmane Sonko doit clarifier sa ligne politique : comment concilier les sacrifices fiscaux hier défendus avec les critiques formulées aujourd’hui ? Comment défendre les populations tout en menaçant de rejeter des textes budgétaires dont l’État estime avoir besoin ? Et comment concilier la discipline d’un parti avec les exigences supérieures de la République ?

Ces questions ne relèvent ni de l’insulte ni du procès d’intention. Elles relèvent de la responsabilité publique.
Le patriotisme ne se proclame pas : il se démontre. La responsabilité ne se revendique pas : elle s’assume. L’éthique républicaine ne se brandit pas contre ses adversaires: elle s’applique à soi-même. Le Sénégal n’appartient ni à un parti, ni à un homme, ni à un clan. Il appartient à ses citoyens.

Les ambitions personnelles doivent s’effacer devant l’intérêt national. Les Sénégalais n’ont pas besoin de nouveaux bras de fer : ils attendent des réponses, de la cohérence et des résultats. Et lorsque les actes contredisent les discours, la démocratie offre au peuple le moyen le plus puissant de demander des comptes : la vigilance citoyenne et le jugement souverain des urnes.
Arrêtez!
Arrêtez

Arrêtez vraiment ! Sinon, c’est le peuple qui vous arrêtera un jour. Il en a assez!

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