Président de la République , lequel est la clé de voûte des institutions. Il en a été ainsi sous les Présidents Senghor après Décembre 1962 , Abdou Diouf , Abdoulaye Wade et Macky Sall

LA DÉMARCHE POLITIQUE INÉDITE DU PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE

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Amadou Kane, avocat et homme politique

Au cours des quatre décennies qu’a duré le régime du Parti socialiste, on a observé que l’UPS puis le PS était le pivot de la vie politique nationale. Le régime socialiste a consolidé son assise politique tantôt en phagocytant des partis d’opposition, tantôt en nouant des alliances gouvernementales avec des partis de l’opposition. Parallèlement à cette stratégie, le régime socialiste avait des mouvements politiques en sein (COSAPAD, ABDO NIOU DOY) des mouvements affiliés et des groupes satellites.

Sur le plan de la communication, le régime avait aussi son ou ses journaux.

L’influence du Parti socialiste a commencé à dépérir à partir du moment où, des dissidences sont apparues en son sein avec le départ de Djibo Ka et puis celui de Moustapha Niasse. Ces dissidences ont affaibli le PS, abouti à sa perte du pouvoir et à la première alternance démocratique du 19 Mars 2000 avec l’arrivée au pouvoir du Président Abdoulaye Wade soutenu par la coalition FAL ( Front pour l’alternance) .

Au cours de sa gestion du pouvoir, le Président Abdoulaye Wade après s’être séparé la coalition FAL avait mis en place la coalition CAP 21 dirigée par le Professeur IBA DER THIAM. Mais le Président Wade et le PDS étaient les pivots de la coalition politico -électorale CAP 21. Il en a été ainsi jusqu’à la deuxième alternance de 2012 avec l’élection du Président Macky Sall.

Il faut rappeler que le Candidat Macky Sall, après la validation de la 3e candidature du Président Wade par le Conseil constitutionnel, avait choisi de ne plus contester son éligibilité et d’aller dans le pays profond, battre sa campagne électorale.

Au premier tour, sa candidature était soutenue par la coalition Macky 2012. Mais au second tour, il a eu la bonne idée de mettre en place une coalition plus large baptisée Coalition Benno Bok Yaakar qui lui assura une large victoire. De Mars 2012 à Mars 2024, il a exercé le pouvoir suprême, en s’appuyant sur cette coalition constituée à la fois de partis de masses et de partis de cadres .

Le Président Bassirou DIOMAYE Faye, a accédé au pouvoir, en outsider politique, le 24 Mars 2024. Car, il n’était pas un candidat très connu des électeurs, avant le scrutin. Cependant, la mise à l’écart de poids lourd politiques comme Ousmane Sonko et Karim Wade d’un côté et de l’autre le ralliement à sa personne de plusieurs candidats recalés de la liste des présidentiables lui a permis de bénéficier du soutien de tous ces acteurs.

C’est dans ces conditions qu’il a été élu, pour la première fois depuis le retour du pluralisme démocratique, dès le premier tour du scrutin présidentiel. Contrairement aux Présidents Diouf, Wade et Sall, le Président DIOMAYE Faye n’est pas soutenu par une formation politique dont il est le leader incontesté.

Le Parti PASTEF qui est le pivot de la majorité présidentielle est la chasse gardée de son Premier Ministre Ousmane Sonko. Sans doute, le Président de la République en est un membre fondateur mais il faut bien admettre qu’il est un actionnaire non majoritaire dans PASTEF.

Aujourd’hui, le Président DIOMAYE FAYE a une coalition éponyme constituée de Partis et de mouvements non représentés à l’Assemblée nationale qui le soutient et qui forme sa base politique. Mais chose étonnante, le Président DIOMAYE FAYE que la coalition vient renforcer politiquement ne dispose pas de son propre parti politique en son sein et par conséquent ne joue pas un rôle central dans sa propre coalition.

C’est comme si, à travers la coalition présidentielle, le Chef de l’Etat, était entrain de sous-traiter son influence politique et électorale! Un peu comme, certains pays africains qui sous-traitent, leur sécurité nationale. Il est clair que si, le Président avait sa propre formation politique, il serait mieux accueilli, partout où il aurait à se déplacer. Une coalition est une bonne chose. Mais encore faudrait-il avoir son parti politique en tant que membre de sa coalition.

Il est évident qu’aucun militant ou électeur n’ira à acheter la carte de membre d’une coalition de partis. Il sera donc impossible de peser le poids des adhésions à la personne du chef de coalition, sans placement de cartes.

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