Matar Diène, président de l’ICDS, sur le rejet de la LFR 2026: La République ne doit pas être prise en otage par des divergences politiques

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Dakar, le 3 novembre 2026

C’est avec une profonde préoccupation et une grande indignation que j’ai suivi les événements survenus ce mardi 3 novembre 2026 à l’Assemblée nationale, ayant conduit au rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026.

Je dénonce avec fermeté cette situation de blocage institutionnel qui risque de compromettre les efforts de redressement économique du Sénégal et de retarder des mesures importantes pour nos populations.

L’Assemblée nationale doit être un lieu de débat, de responsabilité et de défense de l’intérêt général, et non un espace où les divergences politiques prennent le dessus sur les urgences nationales.

Comment peut-on refuser d’examiner sur le fond un projet de loi aussi déterminant pour l’équilibre de nos finances publiques, alors que les Sénégalais attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes ?

Je rappelle que le rôle d’un député est avant tout de servir la Nation. Les députés sont les représentants du peuple sénégalais, et non les simples exécutants des orientations d’une formation politique ou de son dirigeant.

Les réserves exprimées sur la sincérité budgétaire méritent des réponses précises et transparentes. Mais ces préoccupations auraient dû, selon moi, conduire à un débat approfondi et constructif plutôt qu’à l’interruption de l’examen du texte.

LE BLOCAGE POLITIQUE NE DOIT PAS PARALYSER L’ÉTAT

Dans un contexte économique international difficile, marqué notamment par les tensions sur les marchés de l’énergie, notre pays a besoin de décisions responsables. Les ajustements budgétaires proposés par le gouvernement concernent notamment le financement des dépenses énergétiques et la préservation des équilibres économiques.

On ne peut pas prétendre défendre le pouvoir d’achat des Sénégalais tout en refusant d’examiner les mécanismes budgétaires proposés pour faire face aux charges de l’État.

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS CONSTITUTIONNELLES

Je demeure convaincu que le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, saura prendre toutes ses responsabilités pour préserver la continuité de l’État et garantir le fonctionnement régulier de nos institutions. La Constitution sénégalaise prévoit des mécanismes permettant de rechercher une issue aux difficultés rencontrées dans l’adoption des textes budgétaires.

L’article 68 encadre les délais d’adoption des projets de lois de finances et prévoit, sous certaines conditions, leur mise en vigueur par décret. L’article 86 prévoit également la possibilité pour le Premier ministre, après délibération en Conseil des ministres, d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances, selon une procédure constitutionnelle précise.

Le blocage actuel ne doit donc pas être considéré comme une fatalité. Des solutions institutionnelles existent et doivent être examinées dans le strict respect de notre Constitution. J’appelle le chef de l’État à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation, à mobiliser les voies constitutionnelles appropriées et à garantir que les mesures budgétaires nécessaires puissent être examinées et adoptées conformément au droit.

LE SÉNÉGAL EST AU-DESSUS DES PARTIS POLITIQUES

Je lance un appel solennel aux députés, aux responsables politiques et à l’ensemble des institutions de la République. Il est temps de dépasser les considérations partisanes et les rivalités politiques pour placer les préoccupations des Sénégalais au cœur de l’action publique. Aucune ambition personnelle, aucune rivalité politique et aucun intérêt partisan ne doit être placé au-dessus de l’avenir de notre pays.

La stabilité institutionnelle, la responsabilité budgétaire et la préservation de l’intérêt général doivent rester nos priorités communes. Le Sénégal mérite une Assemblée nationale responsable, un exécutif capable d’agir et des institutions qui travaillent ensemble pour le bien du peuple. La République doit rester plus forte que les divergences politiques. L’intérêt supérieur du Sénégal doit toujours triompher.

Matar DIÈNE

Président du Mouvement Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal (ICDS)

« L’engagement citoyen est l’affaire de tous. »

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