Ancien membre du Mouvement national des cadres patriotes et membre fondateur du parti Kiiraay, Papa Ibrahima Senghor dénonce la proposition de loi annoncée par le député Amadou Ba de PASTEF visant à faire perdre son mandat à tout maire qui quitte le parti qui l’a élu pour une autre formation.
‘’Cette proposition est une dérive antidémocratique. Un maire n’est pas le salarié d’un parti politique, il est l’élu des citoyens. Son mandat lui est confié par le peuple, pas par un appareil partisan. Si l’on suit cette logique, les partis deviendraient propriétaires des élus et les électeurs seraient relégués au second plan. C’est une conception dangereuse de la démocratie’’, assène-t-il.
Pour Papa Ibrahima Senghor, ‘’le véritable problème n’est pas qu’un élu change de parti, mais qu’il trahisse les intérêts de sa population. La seule sanction légitime est celle des urnes, pas une confiscation automatique du mandat’’. ’Dans une République, la souveraineté appartient au peuple, jamais aux partis politiques’’
À son avis, ‘’à force de vouloir verrouiller les élus, certains finissent par oublier un principe fondamental : dans une République, la souveraineté appartient au peuple, jamais aux partis politiques. Celui qui veut renforcer la démocratie doit faire confiance au verdict des citoyens, pas imposer des sanctions politiques par principe’’.
Par ailleurs, M. Senghor analyse la naissance du nouveau parti présidentiel et les perspectives dans une tribune intitulée ‘’Après Kiiraay, l’impératif de la clarté : soutenir le Président et s’affirmer politiquement’’.
Selon lui, ‘’la création de Kiiraay n’est pas un simple événement partisan. Elle marque un tournant dans la vie politique sénégalaise. Après le temps de la conquête vient celui de la consolidation. Après le rassemblement électoral vient celui de la cohérence politique. Après la victoire, l’heure est à la gouvernance’’.
Et de renchérir : ‘’La Coalition Diomaye Président a accompli sa mission historique : unir des forces diverses pour porter Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême. Cette étape appartient désormais à l’histoire. Aujourd’hui, le défi est tout autre : construire une majorité forte, disciplinée et capable de mettre en œuvre, avec efficacité, le projet de transformation choisi par les Sénégalais. Dans toutes les grandes démocraties, le parti présidentiel devient naturellement le principal instrument politique qui accompagne l’action du chef de l’État. Kiiraay répond à cette exigence. Il constitue le cadre d’organisation, de mobilisation et de responsabilité de toutes celles et de tous ceux qui souhaitent porter, sans ambiguïté, la vision du Président de la République’’.
Pour ce membre fondateur de la formation présidentielle, ‘’le temps des équilibres fragiles et des ambiguïtés permanentes doit désormais laisser place à celui des engagements assumés. Les Sénégalais ont besoin de savoir qui soutient clairement le projet présidentiel et qui préfère suivre une autre voie. La clarté politique n’affaiblit pas la démocratie ; elle la renforce’’.
‘’L’histoire retiendra celles et ceux qui auront choisi d’assumer clairement leurs convictions’’
Papa Ibrahima Senghor estime que ‘’soutenir le Président ne consiste pas à applaudir systématiquement chaque décision. C’est accepter de défendre un cap, d’accompagner les réformes, de contribuer aux solutions lorsque des difficultés apparaissent et d’assumer collectivement les responsabilités liées à l’exercice du pouvoir. Une majorité ne se construit pas sur des déclarations d’intention, mais sur la constance, la loyauté et l’engagement’’.
Toujours d’après lui, ‘’cette exigence vaut également pour l’administration publique. Dans tout État, les Directeurs généraux des établissements publics sont nommés pour mettre en œuvre les politiques arrêtées par les autorités légitimement investies. Ils disposent d’une obligation de loyauté institutionnelle dans l’exercice de leurs fonctions’’.
Dès lors, souligne-t-il, ‘’lorsqu’un responsable estime ne pas pouvoir appliquer les orientations fixées par les autorités politiques ou lorsqu’un manque de confiance durable s’installe entre lui et l’autorité de nomination, il appartient à cette dernière d’apprécier s’il convient de maintenir cette responsabilité ou d’y mettre fin, conformément au cadre juridique applicable. Cette logique relève de la cohérence de l’action publique et de la responsabilité politique, et non de la remise en cause de la liberté d’opinion des personnes concernées’’.
‘’L’histoire politique montre que les grandes transformations réussissent lorsque les institutions, les responsables politiques et les dirigeants des organismes publics avancent dans la même direction, chacun dans le respect de son rôle. Avec Kiiraay, une nouvelle page s’ouvre. Le moment n’est plus aux hésitations, mais à la clarté. Le moment n’est plus aux calculs, mais à l’engagement. Le moment n’est plus aux ambiguïtés, mais à la responsabilité. L’histoire retiendra celles et ceux qui auront choisi d’assumer clairement leurs convictions et de mettre leur énergie au service du projet pour lequel les Sénégalaises et les Sénégalais ont accordé leur confiance au Président de la République’’, conclut M. Senghor.
Vox Populi
