PRESIDENTIELLE 2019: LES MILICES PRIVEES FONT LA LOI

Politique

«Calots bleus», «Marrons de feu», «Soldats de Dieu». A un mois du scrutin présidentiel, les milices privées font la loi dans le pays. Lors de l’inauguration du TER des miliciens du camp présidentiel ont été accusés d’avoir bastonné des citoyens qui manifestaient contre ce train.

Mame Mactar Guèye de l’Ong Jamra estime que la prolifération des milices privées est «source potentielle de violences politiques». En conséquence, il réclame leur désarmement et leur dissolution le plus rapidement possible et leur interdiction.

«Désarmer et dissoudre toutes les milices privées existantes semble la mesure la plus urgente, assortie de l’interdiction de la constitution de toutes formes de polices parallèles, pour ne redonner l’exclusivité de la sécurisation des élections qu’aux dépositaires légaux de l’autorité publique, à savoir: la police, la gendarmerie, l’armée», lit-on dans un communiqué.

«Remédier, de toute urgence, à cette anarchie sécuritaire ramènerait certainement la confiance auprès des populations civiles, légitimement inquiètes, et constituerait un jalon appréciable vers une campagne électorale apaisées, où l’on privilégierait plutôt la rivalité des idées et des programmes, et non des confrontations de gros-bras, souvent armés», poursuit l’Ong Jamra qui rappelle que seuls corps constitués auxquels la constitution confère le privilège de l’usage de la force, pour la sauvegarde de l’État de droit et pour que force reste toujours à la Loi.

Pour Mame Mactar Guèye et ses partisans, prévenir légalement (et non par l’exhibition de gros-bras) toutes dérives préjudiciable à la paix civile, en cette période électorale tendue, devrait être possible, d’autant que, d’après eux, la loi n° 78-40 du 6 juillet 1978 interdit formellement l’exercice de toutes activités de police privée.

«Une loi est faite pour être appliquée, et non pour servir de simple décor juridique! La conséquence de ce laxisme est que des «brigades de sécurité» poussent présentement comme des champignons dans les faubourgs des grandes villes et dans la banlieue. Certaines de ces escouades de nervis, constituées en marge de la loi, entreprennent présentement de monnayer leurs services auprès des formations politiques et coalitions de partis en lice, pour cette présidentielle lourde d’incertitudes», conclut l’Ong.

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