Sénégal-fonds politiques : de 640 à millions sous Abdou Diouf à environ 8 milliards de francs Cfa sous Wade et Macky Sall

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Avant l’alternance de mars 2000 sous le régime d’ Abdou Diouf, l’autorisation annuelle tournait autour de 640 à 650 millions de FCFA. Sous Wade, le plafond a explosé. A la fin de son second mandat (2012), le montant théorique inscrit dans la loi de finances atteignait environ 8 milliards de FCFA par an. Les dépenses réelles ont souvent largement dépassé ces autorisations. Selon un rapport des Inspecteurs généraux d’État (IGE) sur les années 2008-2012, 108 milliards de FCFA ont été consommés au titre des fonds politiques. Seulement 60 milliards ont fait l’objet d’une régularisation sur crédits budgétaires ; les 48 milliards restants ont été tirés directement du Trésor sans ordonnancement, et aucune procédure de régularisation n’a suivi. Ces montants « flottaient » encore dans les comptes après la clôture des exercices. À son départ en mars 2012, Wade aurait vidé les 8 milliards disponibles et son successeur a dû signer un décret d’avance pour les reconstituer.
Sous Macky Sall (2012-2024), les fonds politiques, secrets et spéciaux de la Présidence (et dans une moindre mesure de la Primature) se situaient à un niveau nettement plus élevé qu’avant 2000, tout en restant dans une zone d’opacité importante. Les chiffres les plus documentés proviennent d’analyses basées sur les comptes administratifs et les lois de finances (notamment celles de l’ancien directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, Mamadou Abdoulaye Sow).

Sur la période 2012-2017, près de 104 milliards de FCFA de crédits spéciaux ont été alloués au Président, plus environ 3 milliards pour les fonds de sécurité du Premier ministre. A la fin du mandat du Président Sall (LFI 2024), les trois principales rubriques à la Présidence totalisaient environ 8 milliards de FCFA (Fonds de solidarité africaine ≈ 2,156 milliards ; Fonds spéciaux ≈ 3,5 milliards ; Fonds d’intervention sociale ≈ 2,3 milliards). Ces enveloppes étaient souvent logées dans des lignes budgétaires discrètes (« transferts courants », « fonds de secours », « dépenses de souveraineté », etc.). Elles restaient largement discrétionnaires et non soumises à un contrôle a posteriori strict.
À son arrivée en 2024, le Président Diomaye Faye a déclaré n’avoir « rien trouvé » dans ces fonds qui auraient été consommés avant son installation en début Avril. Toutefois, les montants exacts des fonds secrets pour 2025 et 2026 ne sont pas publiés de manière claire et consolidée. Ils restent dispersés dans plusieurs rubriques budgétaires (Transferts courants et Fonds de secours, Dépenses de souveraineté et Sécurité, etc.), ce qui entretient l’opacité. Des demandes d’accès à l’information sur les montants précis pour 2025-2026 n’ont pas reçu de réponse officielle claire. Les chiffres exacts et exhaustifs restent difficiles à établir de manière définitive en raison de la ventilation budgétaire et de l’absence de publication détaillée systématique aussi bien pour le Président de la République que pour le premier ministre.

Source : Les « fonds politiques » en débat à l’Assemblée nationale Par Elimane H. KANE

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