La sortie de Sonko contre le président Trump est diversement appréciée. Si certain ont salué le «langage de vérité» voire de guerrier du leader de Pastef, d’autres ont condamné le qualifiant d’un plan linguistique impropre. Le directeur du port qui est un inconditionnel de Sonko affirme : «En écoutant Sonko on se rend compte de l’avance irrattrapable qu’il a sur les autres hommes politiques sénégalais ». Pour lui, «Ceux qui se comparent à lui ou le combattent le font juste formellement ».
Le leader du mouvement Agir n’est pas du même avis. «La diplomatie d’un pays ne se mène pas dans la personnalisation des positions. Elle relève d’une ligne officielle, portée par le Chef de l’État. Donald Trump n’est pas un homme de paix mais il ne revient pas à un Premier ministre de le dire. Un État obéit à des règles, à une discipline et à une cohérence dans sa parole diplomatique », explique Thierno Bocoum dans un post partagé sur les réseaux sociaux. «Le populisme s’en affranchit pour se construire une posture de courage, sans en assumer les responsabilités ni en avoir les moyens d’action », affirme Thierno Bocoum qui trouve que le président Bassirou Diomaye Faye est de plus en plus interpellé sur sa part de responsabilité dans le recul observé, en lien avec une gouvernance trop passive face aux enjeux actuels.
Mareme Kanté de «Plume citoyenne » qualifie les attaques de Sonko envers le président Trump à un «jugement frontal abrupt ». Parce que selon elle, «en diplomatie, l’art oratoire consiste à formuler des critiques politiques plutôt qu’à proférer des attaques personnelles ». Quant à Me Amadou Aly Kane, avec sa casquette de défenseur des droits de l’homme, il estime que s’agissant d’un responsable de l’Etat la liberté est incompatible avec l’atteinte contre les intérêts fondamentaux de l’Etat. Parce que selon lui, les «intérêts fondamentaux de l’État comprennent généralement ce qui touche à : l’indépendance du pays, la défense nationale la diplomatie ; les intérêts économiques et stratégiques essentiels ». Toute déclaration d’un dirigeant de l’Etat mettant en cause ces intérêts, selon lui, «est un abus de la liberté d’expression ».
Invité par Pascal Boniface, venu présenter son ouvrage Les 100 maîtres du monde, le Premier ministre Ousmane Sonko a pris la parole ce jeudi 9 avril à Dakar. Évoquant la scène internationale, il a glissé une remarque ironique visant Donald Trump, tout en s’inscrivant dans une réflexion plus large sur l’influence des grandes puissances. Évoquant la posture des dirigeants internationaux, il a glissé une remarque visant indirectement Danald Trump. Il a ainsi déclaré qu’« il paraît que le président Donald Trump aime demander à tous ceux qu’il rencontre » certaines formes de reconnaissance, dans une allusion à ses ambitions sur la scène internationale. Par cette sortie, le Premier ministre semble avoir voulu souligner, avec subtilité, le décalage entre certaines prétentions politiques et la réalité des dynamiques mondiales actuelles.
Sans le citer frontalement, il a ainsi contribué à une critique implicite du leadership américain. La conférence, qui s’inscrit dans le cadre de la promotion du livre de Pascal Boniface, a permis d’ouvrir le débat sur les transformations du système et la redéfinition des centres de pouvoir. Elle a également mis en lumière la place croissante de certaines figures politiques, dont Ousmane Sonko, dans les équilibres contemporains.
