24 mars 2024, Bassirou Diomaye Faye était élu président de la République du Sénégal qui connaissait sa troisième alternance politique. Choisi par le leader de Pastef qui était empêché par le code électoral de se présenter, Bassirou Diomaye Faye remportait le scrutin présidentiel dès le premier tour avec plus de 54% des suffrages, une première dans le pays.
Un bilan mitigé.
Cheikh Mbacké Sène, expert en intelligence économique et analyste économique declare dans WalfQuotidien: “Sur le plan macroéconomique, le Sénégal affiche une trajectoire globalement robuste. La croissance économique connaît une accélération notable, avec des projections situées entre 7 % et 9 %, tirées en grande partie par l’entrée du pays dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures, notamment avec les projets offshore. Cette dynamique constitue une opportunité historique, susceptible de repositionner le Sénégal comme un acteur énergétique majeur en Afrique de l’Ouest. Parallèlement, l’inflation reste relativement maîtrisée, autour de 1 % à 2 %, traduisant une stabilité monétaire dans l’espace Uemoa.
Cependant, cette performance masque des fragilités structurelles importantes. La situation des finances publiques constitue aujourd’hui l’un des principaux points de vigilance. La réévaluation de la dette publique, à la suite d’audits, a révélé une exposition plus élevée que prévu, plaçant le pays sous forte contrainte budgétaire. Le service de la dette devient de plus en plus lourd, réduisant les marges de manœuvre de l’État en matière d’investissement et de politiques sociales.
Sur le plan des réformes, le pouvoir a engagé une volonté de rupture, notamment en matière de gouvernance, de transparence et de rationalisation des dépenses publiques. Cette orientation est stratégique, mais ses effets sont progressifs, alors que les attentes sociales restent immédiates, notamment sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Ainsi, le Sénégal se trouve dans une situation paradoxale : une économie en croissance rapide, mais sous pression financière, avec un décalage entre les performances macroéconomiques et le vécu des populations. Le régime actuel gère davantage une transition sous contrainte qu’une situation économique stabilisée.
