Sénégal-renouvellement des licences de pêche: découvrez la composition de la flotte nationale en activité

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Dakar, Dans le cadre de ses investigations sur les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche, la Commission d’enquête parlementaire a auditionné, ce vendredi 9 octobre 2026, Mamadou Thiaw, Directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), et

Bécaye Diop, ancien Directeur général de l’Agence, en fonction de novembre 2024 à juillet 2026. Les échanges ont porté sur les mécanismes d’immatriculation et de suivi des navires sous pavillon sénégalais, les contrôles techniques, la fiabilité des registres maritimes, les procédures de jaugeage, les critères de sénégalisation des navires, les conditions de délivrance des permis de navigabilité ainsi que le rôle de l’ANAM dans le processus d’attribution des licences de pêche.

Au cours de son intervention, Monsieur Mamadou Thiaw a présenté les mécanismes d’immatriculation et de suivi des navires, en insistant sur la distinction entre l’immatriculation et la navigabilité. Il a expliqué que le registre national d’immatriculation permet d’identifier chaque navire à partir de ses caractéristiques, de sa date d’immatriculation et de son numéro unique.

En revanche, il n’existe pas de registre spécifique à la navigabilité, celle-ci étant attestée par un permis délivré à l’issue des visites de sécurité réglementaires, dont les résultats permettent également de déterminer la durée de validité du document.

S’agissant de la composition de la flotte nationale en activité, les données présentées font état de 271 navires immatriculés, dont 187 affectés à la pêche, à l’industrie, à la recherche et à la formation, soit environ 69 % de l’effectif. Les 84 autres navires sont notamment destinés à la plaisance, au transport de passagers et à la formation maritime.

Le Directeur général a également présenté les données relatives aux sorties de flotte. Le tableau de suivi fait état de 258 radiations, comprenant notamment 123 pertes totales, 9 annulations d’immatriculation, 4 démolitions et 2 destructions. D’autres motifs de sortie de flotte figurent également dans les données administratives. Ces éléments soulignent l’importance de la tenue et de l’actualisation des registres maritimes pour assurer la traçabilité des navires et renforcer le contrôle de la sécurité maritime.

Pour sa part, Bécaye Diop a rappelé que la délivrance des licences de pêche relève de la compétence du ministre chargé des Pêches, l’ANAM apportant son expertise technique au sein de la Commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCALP).

Concernant la procédure d’octroi des licences, l’ancien Directeur général a estimé qu’une révision des textes encadrant le dispositif serait nécessaire. Selon lui, le pouvoir de décision demeure entre les mains du ministre chargé des Pêches, même lorsque son appréciation diffère de celle de la Commission. Il a ainsi préconisé la mise en place d’un mécanisme de recherche de consensus entre le ministre et la Commission, afin de renforcer la concertation et d’améliorer le processus décisionnel.

Abordant les missions de l’ANAM, Monsieur Bécaye Diop a mis en avant la gestion du registre national de la flotte sous pavillon sénégalais, la vérification des conditions de sénégalisation des navires ainsi que le contrôle du respect des normes de sécurité et de navigabilité. Il a également évoqué le renforcement des capacités opérationnelles de l’Agence sous son mandat, marqué par une augmentation du nombre d’inspecteurs maritimes, passé de trois à dix-sept. Il a fait état de mesures d’immobilisation et de blocage de navires présentant des manquements en matière de sécurité, d’assurance ou de conformité administrative.

Sur la fiabilité des données techniques, l’ancien Directeur général a expliqué que certains écarts de jaugeage peuvent notamment s’expliquer par la coexistence de méthodes de calcul issues de conventions internationales différentes. Il a précisé que les opérations de jaugeage sont réalisées par des sociétés de classification agréées, et non directement par l’ANAM. Il a par ailleurs présenté les résultats d’un audit de la flotte industrielle sénégalaise qui aurait relevé des cas présumés de sénégalisation fictive ainsi que des anomalies dans les registres de jaugeage.

Sur les perspectives de développement du secteur, Bécaye Diop a estimé que la pêche sénégalaise dispose d’importantes potentialités économiques et sociales, dont le niveau d’exploitation resterait limité à environ 30 à 40 % du potentiel, selon son appréciation. Il a souligné les débouchés professionnels qu’offrent les métiers de la pêche et des activités maritimes, tout en insistant sur la nécessité de mieux valoriser les opportunités du secteur et de renforcer la formation des jeunes afin de faciliter leur accès à ces métiers.

Enfin, il a évoqué plusieurs pistes de modernisation, notamment la digitalisation des procédures administratives, la sécurisation des certificats et permis maritimes, la mise en place d’une plateforme de gestion des réclamations des marins et des armateurs, ainsi que la réorganisation de l’ANAM. Il a également préconisé le dragage des chenaux d’accès à certains ports secondaires afin d’améliorer les conditions de sécurité de la navigation.

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