Taux de croissance à deux chiffres en 2023: le Sénégal espère profiter de l’exploitation des hydrocarbures

Eco-Finance

Le Rapport du FMI sur les perspectives de l’Economie mondiale publié dans le courant du mois d’octobre 2022, en ce qui concerne l’Afrique, place le Sénégal dans le trio de tête des pays du continent qui auront un taux de croissance à deux chiffres en 2023.

Avec un taux de croissance projeté de 10,8%, le Sénégal est deuxième derrière le Mozambique (16,6%) et est suivi du Niger crédité d’un taux de croissance de 10,4%.

Ce futur taux de croissance du Sénégal sera le double de celui de 2022 qui s’élèvera à 5,5%, d’après le Fonds monétaire international. Une performance qui entre en droite ligne des ambitions du Plan d’Actions Prioritaires Ajusté et Accéléré (PAP2A) qui vise le rétablissement de la trajectoire initiale du PSE afin d’engager résolument notre pays sur le cap de l’émergence en 2035.

Le gaz et le pétrole, accélérateurs de croissance 

Les découvertes de gaz et de pétrole constituent de véritables accélérateurs de croissance. Les réformes entreprises par le Président Macky SALL pour renforcer les processus d’organisation, de gestion, d’exécution et d’évaluation dans le secteur pétrolier et gazier national vont rendre l’administration du secteur plus efficace. La cartographie des niches se présentent comme suit :

1-Champ offshore (pétrole et gaz) situé à 90 km des côtes et dans des profondeurs d’eau allant de 500 mètres à 1500 mètres

Capacité de production escomptée à environ 563 millions de barils de pétrole et à 2.4 TCF de gaz naturel associé et non associé.

Exploitation en trois phases : 

Phase 1 : démarrage de la production du pétrole (75 000 à 125 000 barils par jour) prévu en 2022 et début de la production du gaz (60 à 100 millions de pieds cubes par jour) prévu en 2023  

Phase 2 : démarrage de la production des réservoirs de moins bonne qualité prévu en 2026  

Phase 3 : production ultime de tout le potentiel du champ

2-Grand Tortue / Ahmeyin (GTA) (gaz) sur le bloc SOP : champ transfrontalier offshore situé à 120 km des côtes sénégalo-mauritaniennes et à une profondeur d’eau de plus de 2 800 mètres

Les deux Etats (sénégalais et mauritanien) ont décidé de développer et d’exploiter conjointement ce champ dans le cadre d’un accord inter-Etats (répartition initiale de 50%/50% des ressources, procédures, cadres juridique et fiscal, etc.) signé le 09 février 2018. ·

Ressources probables récupérables sont de l’ordre de 20 TCF (Tri billion Cubic Feet) (soit environ 560 milliards de mètres cubes de gaz naturel).

Exploitation en trois phases :

Phase 1 : mise en exploitation de 2,3 millions de tonnes par an (mtpa) de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2022 ; Une provision de 70 millions de pieds de gaz par jour (mmscfd) est prévue pour la consommation domestique (soit 35 mmscfd pour chaque Etat) ;

Phase 2/3 : mise en exploitation de 3,4 mtpa de GNL par phase prévue respectivement en 2024 et en 2026.

3Yakaar et Téranga (gaz) sur le bloc COP : découvertes réalisées en 2016

En outre, grâce à la stratégie gas-to-power, le Sénégal vise un objectif de 100% d’énergies propres avec l’exploitation de ses ressources gazières.

La pertinence du Plan de relance de l’économie sénégalaise

Les bonnes projections du FMI sont surtout à chercher dans la pertinence du Plan de relance de l’économie sénégalaise. Dénommé Plan d’Actions prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2A), il a été élaboré suivant les acquis économiques et sociaux du pays et les enseignements tirés de la lutte contre la Covid-19 dont le premier cas a été détecté au Sénégal le 2 mars 2020.

Le PAP 2A vise quatre objectifs majeurs :

-Réduire la dépendance au reste du monde à travers d’une part, l’industrialisation durable et inclusive et, d’autre part, la digitalisation de l’économie 

-Accroître la souveraineté par le renforcement de la sécurité alimentaire en augmentant la production des produits de base (riz, céréales, lait, poisson, viande…) et l’autosuffisance en matière de produits pharmaceutiques, ainsi qu’en encourageant la consommation des produits locaux 

-Renforcer la protection sociale

-Promouvoir un secteur privé fort

La solidité et la résilience des finances

Partant du Plan de relance, lui-même inspiré par le Plan Sénégal Emergent, le ministère des Finances et du Budget s’est lancé dans une série de prévisions confinées dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle, au terme duquel le projet de budget 2022 s’établira à plus de 5000 milliards FCFA, y compris l’amortissement de la dette.  

Evalué à plus du double en dix ans du budget du Sénégal qui en 2012 s’élevait 2344,8 milliards FCFA, le budget de 2022 connait une hausse de 1436,4 milliards FCFA en valeur absolue par rapport à celui de 2021 et une augmentation des charges de 1342, 1 milliards FCFA en valeur absolue.  Fortement tourné vers des investissements structurants, il accorde également la part belle au renforcement des mécanismes de prise en charge de la demande sociale.

Le rétablissement de la trajectoire initiatiale du PSE

Ces performances renvoient au Plan Sénégal Emergent, référentiel de la politique économique et sociale sur le moyen et le long termes.  Le PSE qui vise l’émergence en 2035 s’appuie sur trois axes pour in fine instaurer « une société solidaire dans un Etat de droit » :   

-Une transformation structurelle de l’économie à travers la consolidation des moteurs actuels de la croissance et le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois, d’inclusion sociale et à forte capacité d’exportation et d’attraction d’investissements. Cet axe s’inscrit dans une option de développement plus équilibré, de promotion de terroirs et des pôles économiques viables afin de stimuler le potentiel de développement sur l’ensemble du territoire.

-Une amélioration significative des conditions de vie des populations, une lutte plus soutenue contre les inégalités sociales tout en préservant la base de ressources et en favorisant l’émergence de territoires viables.

-Le renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la gouvernance, de la protection des droits et libertés et de la consolidation de l’État de droit afin de créer les meilleures conditions d’une paix sociale et de favoriser le plein épanouissement des potentialités.

Ainsi malgré le choc Covid et ses conséquences au niveau mondial, l’économie sénégalaise et restée debout. L’efficacité des mesures gouvernementales prises ont permis, dans un premier temps, de contenir la pandémie, puis de se projeter vers la relance, en relevant concomitamment le défi de la préservation des vies et de la reprise des activités productives.  Cette prouesse permet au Sénégal de garder intactes ses chances d’émergence à l’horizon 2035.

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