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Sénégal-économie-Un audit de la dette non déclarée de 7 milliards de dollars réclamé

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Une coalition de parlementaires, d’économistes et de groupes de la société civile a appelé à un audit afin de déterminer si les 7 milliards de dollars de dette non déclarée auparavant devraient être annulés, invoquant des inquiétudes concernant la pression que ces emprunts exercent sur les finances du Sénégal.

Le Sénégal fait face aux conséquences de cette dette, découverte lors d’un examen des finances publiques par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye l’année dernière. Tous les emprunts ont été contractés par le gouvernement précédent, qui n’avait pas demandé l’approbation du parlement pour une partie de la dette et avait également présenté de manière erronée certaines données financières clés, selon un rapport de la Cour des comptes.

Une équipe de responsables du FMI est au Sénégal cette semaine pour faire la lumière sur cette mauvaise déclaration de dette. Ils présenteront leurs conclusions au conseil d’administration du Fonds, qui décidera si le pays doit restituer les 700 millions de dollars déjà versés par le Fonds dans le cadre du programme désormais suspendu.

Le gouvernement a réduit ses dépenses pour atteindre son objectif de déficit budgétaire fixé à 7 % du produit intérieur brut du pays pour cette année, contre 14 % fin 2024. Il a également annoncé un plan visant à générer 5,7 billions de francs CFA (10,2 milliards de dollars) de nouvelles recettes sur trois ans afin de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici 2027.

Il prévoit également de réviser les bases statistiques de l’économie, ce qui pourrait augmenter le PIB de 15 à 25 % et réduire le ratio dette/PIB, estimé à 119 % fin 2024, vers ou en dessous de ce seuil. La coalition a appelé à une « révision citoyenne » pour déterminer quelle partie de la dette pourrait être annulée.

Le Sénégal a écarté une restructuration, préférant plutôt prolonger les échéances de ses dettes. Les coûts du service de la dette ont bondi de 44,5 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2024, atteignant 822 milliards de francs CFA (1,5 milliard de dollars), et ont encore augmenté de près de 24 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, reflétant un fardeau budgétaire croissant.

 

Ces révélations ont conduit le FMI à annuler un prêt de 1,8 milliard de dollars, et S&P Global Ratings a encore abaissé la note de crédit du Sénégal en catégorie spéculative (« junk »), alimentant les craintes d’une crise de la dette.

 

« Cette dette, accumulée pendant le mandat de Macky Sall et jamais approuvée par le parlement – la rendant illégale –, doit être minutieusement auditée et, si elle est jugée injuste, annulée afin de protéger les intérêts du peuple sénégalais », a déclaré samedi le député Guy Marius Sagna, faisant référence à l’ancien président.

(Bloomberg)

 

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