C’est dans cet esprit que le Front Syndical pour la Défense du Travail informe l’opinion nationale qu’un préavis de grève générale sera déposé ce jour. Au terme du délai imparti le Front Syndical pour la Défense du Travail se réserve le droit de déclencher une grève générale. Une grande marche nationale est prévue le 8 avril 2026 pour dénoncer les injustices dont sont victimes les travailleurs et exiger le respect de leurs droits.
Mody Guiro, le Secrétaire général de la Cnts, affirme que depuis plusieurs mois, les travailleurs sont confrontés à une série de décisions injustes, de pratiques abusives et de politiques sociales qui fragilisent gravement leurs conditions d’existence. La cherté de la vie s’aggrave, le pouvoir d’achat s’effondre et, pendant ce temps, les travailleurs sont sommés de supporter toujours plus de sacrifices.
Il dénonce avec la plus grande fermeté les coupes sombres opérées sur les salaires des enseignants. Ces prélèvements constituent une injustice flagrante et un affront contre les travailleurs et travailleuses. «Les enseignants, déjà durement éprouvés par la dégradation continue de leur pouvoir d’achat, ne peuvent pas être transformés en variables d’ajustement des carences de gestion des finances publiques. Les salaires des travailleurs-ses ne sont ni une réserve budgétaire ni une caisse de compensation pour les défaillances administratives », dit-il.
Mody Guiro considère que ces ponctions sont non seulement injustes, mais qu’elles traduisent également un manque de respect à l’égard de celles et ceux qui portent chaque jour le système éducatif de notre pays. “Aujourd’hui, force est de constater que cet esprit est sérieusement mis à mal. D’un côté, on invoque le pacte pour exiger la retenue et la patience des travailleurs. De l’autre, plusieurs engagements pris par l’État et le patronat tardent à être respectés, tandis que des décisions unilatérales viennent fragiliser la confiance et remettre en cause les fondements mêmes du dialogue social”, poursuit Mody Guiro.
Le Front Syndical pour la Défense du Travail refuse catégoriquement que le Pacte de stabilité sociale soit transformé en instrument destiné uniquement à contenir les revendications légitimes des travailleurs.
Dans le même temps, nous assistons à une multiplication alarmante des licenciements dans plusieurs secteurs. Des travailleurs sont brutalement jetés à la rue, souvent sans respect des procédures légales et sans un véritable dialogue social.
Ces licenciements ne sont pas de simples statistiques : derrière chaque travailleur licencié, il y a une famille plongée dans l’angoisse, dans la précarité et dans l’incertitude du lendemain.
Le Front Syndical pour la Défense du Travail dénonce
également l’arrogance et l’impunité dont bénéficient certaines entreprises multinationales qui opèrent au Sénégal. Ces entreprises profitent largement de notre marché, de nos ressources et de la capacité productive des Sénégalais, tout en se permettant de bafouer les droits des travailleurs et d’ignorer les dispositions du Code du travail. Dans un État de droit, une telle situation ne peut être tolérée.
Le Front pour la Défense du Travail rappelle avec force qu’il ne peut y avoir de paix sociale durable sans justice sociale. La stabilité sociale ne peut pas être construite sur les sacrifices permanents des travailleurs pendant que d’autres acteurs échappent à leurs responsabilités.
Face à cette situation, le Front Syndical pour la Défense du Travail exige l’arrêt immédiat des ponctions injustifiées sur les salaires des enseignants; la restitution des sommes prélevées et un dialogue sincère avec les organisations syndicales d’enseignants, le respect intégral des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale, l’arrêt des licenciements abusifs et la protection effective des emplois.
Les syndicalistes réclament aussi la fin de l’impunité dont bénéficient certaines multinationales qui piétinent les droits des travailleurs, la réintégration immédiate des travailleurs licenciés abusivement et la mise en œuvre du protocole d’accord Gouvernement/ collectivités territoriales du 10 juillet 2025.
Le Front Syndical pour la Défense du Travail tient à avertir que les travailleurs ne resteront pas indéfiniment spectateurs de la dégradation de leurs droits et de leurs conditions de vie. La patience des travailleurs a des limites. Si la justice sociale continue d’être ignorée, si le dialogue social continue d’être affaibli, les organisations syndicales prendront toutes leurs responsabilités pour défendre les droits et la dignité des travailleurs.
