La présidence de la République semble poser des actes allant dans le sens d’un report. Plusieurs signes avant-coureurs corroborent cette volonté, notamment la rencontre entre le chef de l’Etat et les élus locaux. Dans une lettre-invitation, ces derniers sont conviés à une rencontre, le 16 juin 2026, au centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad). « Cet évènement, placé sous le sceau du consensus des territoires, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation – Vision Sénégal 2050 ainsi que des réformes structurantes relatives aux Pôles-Territoires et à l’Acte 4 de la décentralisation », lit-on.
Trois points sont inscrits à l’ordre du jour portant notamment sur les pôles territoires, le consensus des territoires et l’acte 4 de la décentralisation. Les réformes qui seront engagées au sortir de ces pourparlers risquent d’impacter négativement sur le processus électoral, en l’occurrence l’organisation des locales en 2027.
Auparavant, d’autres actes ont été posés par la mouvance présidentielle visant à décaler ce rendez-vous électoral. Le 6 mai dernier après son audition par une commission parlementaire sur l’exécution budgétaire de son département, Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’aménagement du territoire, avait soutenu que le travail sur les pôles territoires était terminé. « Le document de politique publique, les instruments d’accompagnement et le cadre juridique ont été finalisés et transmis au Premier ministre pour arbitrage. Dès que les orientations seront validées par l’Exécutif, nous partagerons le contenu avec l’Assemblée nationale pour aller vers le vote de la loi qui donnera naissance aux pôles territoires sénégalais », avait-il dit.
Même satisfaction du côté de l’Acte 4 de la décentralisation. Moussa Balla Fofana a annoncé que la semaine en cours verra la finalisation du document de politique publique y afférent, avant sa transmission à l’autorité pour validation. Une fois les orientations arrêtées, les députés seront associés au processus pour porter ces réformes dans l’hémicycle.
Les élus locaux, à travers une correspondance envoyée à l’association des maires, avaient été invités à donner leur avis sur cet acte 4 de la décentralisation. Cette réforme, au-delà des autres aspects, vise à réduire les collectivités locales de moitié. C’est-à-dire ramener les 554 communes à 252 communes avec la disparition de certaines fusionnées à d’autres. Ce travail gigantesque, prévu fin 2026 début 2027, risque de renvoyer aux calendes grecs ces joutes électorales.
