Dakar-La comparaison entre la LFI 2026 et la LFR 2026 traduit un recentrage du budget national face aux contraintes macroéconomiques et sociales. Sur le plan macroéconomique, l’hypothèse de croissance économique est révisée à la baisse de 5,0 % à 2,7 %.
Au niveau des recettes du budget général, il est observé une contraction globale de 340,1 milliards FCFA (-5,5 %), passant de 6 188,8 milliards FCFA à 5 848,7 milliards FCFA, tirée par une perte importante sur les recettes fiscales (-453,3 milliards FCFA / -8,4 %) et un fort sous-recouvrement des mesures du PRES (ramené de 703,6 à 303,5 milliards FCFA), bien que partiellement compensé par une hausse des recettes non fiscales (+42,3 milliards FCFA).
À l’inverse, les dépenses globales augmentent de 150 milliards FCFA(+2,0 %) pour atteindre 7 583,9 milliards FCFA, du fait d’une hausse massive des dépenses de fonctionnement et de transferts courants (+535 milliards FCFA) portée par le quadruplement des subventions énergétiques (de 250 à 790,3 milliards FCFA) et la hausse du service de la dette (+94,6 milliards FCFA d’intérêts), alors que la masse salariale reste stable à 1 532,8 milliards FCFA.
Pour absorber ce choc, les dépenses d’investissement sont sévèrement comprimées de 555 milliards FCFA (-19,8 %), enregistrant une baisse tant sur les ressources internes (-315,7 milliards FCFA) que sur les financements externes (-239,3 milliards FCFA), ce qui affecte plusieurs projets de l’État et ajustements au sein des budgets ministériels.
En conséquence, le déficit budgétaire s’aggrave fortement de 490,1 milliards FCFA, grimpant de 1 245,1 milliards FCFA (5,4 % du PIB) à 1 735,2 milliards FCFA (7,6 % du PIB), ce qui fait passer les besoins de financement totaux à 6 774,2 milliards FCFA, incluant 4 516,2 milliards FCFA d’amortissement de la dette et 300 milliards FCFA consacrés à l’apurement des arriérés intérieurs privés.
Muhamed Ndiaye
