Dakar-
Sur la base des principales hypothèses retenues dans le cadrage macroéconomique et budgétaire, le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026 est arrêté en recettes, à 5 848,7 milliards FCFA contre 6 188,8 milliards FCFA dans la LFI 2026, soit une baisse de 340,1 milliards FCFA en valeur absolue et 5,5% en valeur relative ;
En dépenses, à 7 583,9 milliards FCFA contre 7 433,9 milliards FCFA dans la LFI 2026, soit une augmentation de 150 milliards FCFA en valeur absolue et 2,0% en valeur relative.
Pour les recettes du budget général, elles s’élèvent à 5 516,7 milliards FCFA et comprennent :
– les recettes fiscales arrêtées à 4 931,5 milliards FCFA, en repli de 453,3 milliards en valeur absolue et 8,4% en valeur relative, du fait principalement de la baisse significative de celles attendues du PRES. Les moins-values projetées sur le PRES concernent notamment, la taxation des jeux de hasard avec une prévision révisée à 120 milliards FCFA contre 300 milliards FCFA dans la LFI 2026 ainsi que la suppression des valeurs de correction au profit des valeurs transactionnelles sur certains produits générateurs de recettes, la réactivation des droits de sortie sur les exportations d’arachide, la régularisation foncière massive, la taxe sur l’exportation d’or et le renouvellement de conventions de concessions des opérateurs téléphoniques sur lesquels aucun recouvrement n’est attendu ;
– les recettes non fiscales et autres recettes prévues pour 398,2 milliards FCFA, soit une hausse de 11,9% – les tirages sur dons-projets projetés à 140,7 milliards FCFA, soit une baisse de 4,5 milliards FCFA – les dons budgétaires, pour 46,3 milliards FCFA attendus, soit au même niveau que dans la LFI 2026.
Les dépenses du budget général s’élèvent à 7 251,9 milliards FCFA et comprennent :
– les intérêts et commissions sur la dette publique qui passent de 1 190,6 milliards FCFA dans la LFI 2026 à 1 285,2 milliards FCFA dans le présent projet de loi de finances rectificative, soit une hausse de 94,6 milliards FCFA du fait du renchérissement des taux d’intérêts et du changement d’instruments opérés en lien avec la dégradation de la signature du pays. En effet, comparativement à son programme d’émission initial, le Sénégal a eu davantage recours aux bons du Trésor de maturité courte, occasionnant le paiement d’intérêts précomptés plus élevés, augmentant ainsi les charges financières sur la dette de l’année ;
– les dépenses de personnel projetées à 1 532,8 milliards FCFA, soit au même niveau que dans la LFI 2026 ;
– les dépenses d’acquisitions de biens et services et de transferts courants prévues respectivement pour 425,2 milliards FCFA et 1 759,8 milliards FCFA, correspondant à un montant total de 2 185 milliards FCFA contre 1 650 milliards FCFA dans la LFI 2026, soit une hausse de 535 milliards FCFA. Cette progression résulte principalement de la hausse des subventions énergétiques et de la prise en charge de dépenses prioritaires, notamment le renforcement des filets de protection sociale, les moyens de fonctionnement des forces de défense et de sécurité et la prise en charge des compléments de salaires dans le secteur de la santé ;
– les dépenses en capital sur ressources internes, prévues à 1 133,2 milliards FCFA contre 1 448,9 milliards FCFA dans la LFI 2026, soit une baisse de 315,7 milliards FCFA, du fait des contreperformances notées sur le PRES. Ces arbitrages ont été dictés par le souci de maintenir l’équilibre budgétaire et ont conduit à des ajustements portant sur les investissements présentant une faible performance d’exécution ou un impact socio-économique moindre, tandis que les projets prioritaires et les secteurs sociaux sont préservés ;
– les dépenses en capital sur ressources externes ramenées à 1 115,7 milliards FCFA contre 1 355,0 milliards FCFA dans la LFI 2026, soit une baisse de 239,3 milliards FCFA. Des prélèvements ont été effectués et concernent les projets dont les capacités d’absorption et le rythme de décaissement sont insuffisants, dans le cadre d’une restructuration du portefeuille, privilégiant les projets alignés sur l’Agenda national de Transformation et à fort impact socioéconomique.
Les comptes spéciaux du Trésor (CST), équilibrés en recettes et en dépenses, sont projetés à 332 milliards FCFA contre 256,7 milliards FCFA, soit une hausse de 75,3 milliards FCFA. Les CST sont composés des catégories de comptes suivantes :
– comptes d’affectation spéciale : 313,3 milliards FCFA ;
– comptes de commerce : 0,5 milliard FCFA ;
– comptes de prêts : 13 milliards FCFA ;
– comptes d’avances : 0,8 milliard FCFA ;
– comptes de garanties et avals : 4,4 milliards FCFA.
Le déficit budgétaire global s’établit à 1 735,2 milliards FCFA contre 1 245,1 milliards FCFA dans la LFI 2026, représentant 7,6% du PIB. Le besoin de financement s’établit à 6 774,2 milliards FCFA dans le présent PLFR. Il est composé de l’amortissement de la dette qui atteint 4 516,2 milliards FCFA, du financement du déficit budgétaire global pour 1 735,2 milliards FCFA, de l’apurement d’arriérés intérieurs à hauteur de 300 milliards FCFA, des emprunts rétrocédés prévus à 172,8 milliards FCFA et de la couverture des Opérations extérieures des Armées (OPEX) pour 50 milliards FCFA.
Afin de couvrir ce besoin de financement, l’Etat fera recours aux marchés financiers et aux emprunts programmes pour un montant de 5 626,4 milliards FCFA, aux emprunts projets pour 975 milliards FCFA et aux emprunts rétrocédés pour 172,8 milliards FCFA.
La variation nette de l’encours de la dette ressort à 2 258 milliards FCFA, résultant principalement du financement du déficit budgétaire d’un montant de 1 735,2 milliards FCFA, de l’apurement des arriérés sur ressources intérieures de 300 milliards FCFA, des emprunts rétrocédés de 172,8 milliards FCFA et du financement des opérations extérieures des armées (OPEX) pour 50 milliards FCFA.
