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SÉNÉGAL:PARTI SOCIALISTE : NOTRE HISTOIRE NOUS OBLIGE, NOTRE AVENIR NOUS APPARTIENT

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PARTI SOCIALISTE : NOTRE HISTOIRE NOUS OBLIGE, NOTRE AVENIR NOUS APPARTIENT

Il y a des moments dans la vie d’un parti où il faut savoir regarder au-delà des querelles du moment et se rappeler ce que l’on représente, d’où l’on vient et surtout ce que l’on veut transmettre à ceux qui viendront après nous. Le Parti socialiste traverse depuis plusieurs années une période difficile. Il serait inutile de le nier. Nous avons connu la perte du pouvoir, des départs, des incompréhensions, des désaccords parfois profonds. Nous avons aussi perdu des camarades qui ont énormément compté dans notre histoire. Et pourtant, le Parti est toujours là.

S’il a tenu, c’est d’abord grâce à ses militants. Ceux qui sont restés dans les coordinations, dans les sections, dans les communes, parfois dans des conditions difficiles, simplement parce qu’ils considèrent que cette histoire mérite de continuer. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut apprécier le rôle joué par Aminata Mbengue Ndiaye. On peut être d’accord ou non avec elle sur telle décision. On peut discuter de la manière dont le Parti a été conduit ces dernières années. C’est normal dans une formation politique et personne ne doit craindre ce débat.

Mais il serait injuste d’oublier son parcours.

Aminata Mbengue Ndiaye a consacré une grande partie de sa vie politique au Parti socialiste. Elle en a connu les grandes heures comme les périodes beaucoup moins heureuses. Après la disparition d’Ousmane Tanor Dieng, elle a accepté d’en assurer la direction dans une période particulièrement délicate. Je crois que sa préoccupation a été de préserver le Parti, d’éviter qu’il ne se disloque et de permettre qu’un jour il puisse être transmis à une nouvelle génération. Car c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui : préserver et transmettre.

Personne n’est propriétaire du Parti socialiste. Ni la Secrétaire générale, ni ceux qui la contestent, ni ceux qui la soutiennent. Nous avons reçu un héritage politique et notre responsabilité est de faire en sorte qu’il ne disparaisse pas avec notre génération. Il faut également rappeler un fait qui me paraît important dans le débat actuel.

En 2024, le Parti socialiste a tenu un Congrès extraordinaire. Cette instance, qui est l’instance suprême de notre Parti, a décidé de proroger les mandats des responsables et des différentes instances jusqu’à la tenue du prochain Congrès ordinaire. On peut contester politiquement cette décision. On peut considérer que le Congrès ordinaire aurait dû se tenir plus tôt. On peut demander qu’il soit organisé rapidement. Mais cette décision existe. Elle n’a pas été prise par la seule Secrétaire générale. Elle a été prise par le Congrès du Parti.

C’est pourquoi je regrette que, pour la deuxième fois, des camarades aient choisi de porter devant la justice un différend qui touche profondément à la vie interne de notre formation politique.

Ils en ont naturellement le droit. Et en républicains, nous respecterons la justice et les décisions qu’elle rendra. Mais je reste convaincu que nos désaccords politiques doivent d’abord être discutés entre socialistes et tranchés par les socialistes, conformément à nos textes.

Nous avons des instances pour cela. Nous avons surtout un Congrès à préparer. C’est là que doit avoir lieu le véritable débat. Que chacun puisse y défendre sa conception du Parti. Que ceux qui souhaitent le diriger présentent leur vision. Que les militants puissent entendre les différentes propositions, débattre et finalement choisir.

C’est cela, la démocratie interne.

Et je souhaite que nous allions à ce Congrès sans peur du débat, sans arrangements inutiles et sans chercher à régler par d’autres voies ce qui peut être réglé démocratiquement entre nous. Mais j’ajoute une chose. Si notre prochain Congrès devait se résumer à savoir qui remplacera qui à la tête du Parti, nous serions passés à côté de l’essentiel.

Le Sénégal change. Notre société change. Une nouvelle génération est arrivée dans le débat public. Les attentes des Sénégalais ne sont plus exactement celles d’hier. Le Parti socialiste doit donc lui aussi se remettre en question, se renouveler et retrouver une parole qui parle au pays. Nous devons retrouver nos militants, reconstruire là où nous nous sommes affaiblis, ouvrir davantage le Parti aux jeunes et aux femmes, et surtout remettre les idées au centre de notre engagement.

Nous sommes socialistes. Cela doit encore vouloir dire quelque chose dans le Sénégal d’aujourd’hui. Notre histoire est immense. De Senghor à aujourd’hui, plusieurs générations ont bâti ce Parti, souvent au prix de sacrifices personnels considérables. Mais une grande histoire ne suffit pas à garantir un avenir.

Cet avenir, il nous appartient maintenant de le construire. Je souhaite qu’Aminata Mbengue Ndiaye puisse conduire cette étape avec le souci qui doit être celui de tout responsable politique arrivé à un certain moment de son parcours : laisser derrière soi un Parti vivant, organisé et capable de continuer sans soi. Et je souhaite que ceux qui aspirent demain à prendre leurs responsabilités comprennent également que recevoir cet héritage oblige.

Le prochain Congrès devra permettre cette transmission.

Après cela, il faudra sortir de nos querelles internes. Parce que les Sénégalais, eux, ne nous attendent pas pour savoir qui occupera tel ou tel poste au Parti socialiste. Ils attendent de savoir ce que nous avons encore à leur proposer.

C’est là que se trouve le véritable défi.

Préserver notre héritage, renouveler notre Parti et retrouver notre place dans le cœur des Sénégalais. C’est à cette condition que le Parti socialiste pourra retrouver sa vocation naturelle : être une force politique capable de proposer une alternative et de repartir, démocratiquement, à la conquête du pouvoir.

Abdoulaye WILANE

Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal

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