Une délégation du Fmi séjourne au Sénégal depuis le 19 août et ce jusqu’au 1er septembre 2026. Le Sénégal peut attendre de cette visite un accord de principe sur un nouveau programme de prêt, conditionné à des réformes budgétaires et de gouvernance, un signal de crédibilité aux marchés et aux partenaires. En effet, des exigences sont à respecter avant toute intervention du Fmi qui pourraient conduire à une levée des subventions, la restructuration de la dette, un ajustement structurel, etc.
De nombreux experts estiment qu’une pression du Fmi serait à l’origine de la hausse des prix du carburant. Il trouve bizarre que le prix du baril du pétrole soit à 80 dollars contre 110 dollars au moment où le gouvernement baissait les prix malgré l’énormité des subventions. « Si c’est le cas, ce sera une porte ouverte à une catastrophe économique. Au-delà du carburant, la levée des subventions va s’étendre sur les produits alimentaires comme la farine, le riz ou le sucre. Elle va toucher le Ter et certainement la Poste qui peuvent subir un transfert de propriété et pourquoi pas les privatiser ou les céder carrément à cause des pertes mensuelles enregistrées à l’ordre d’1,5 milliards », alerte l’enseignant-chercheur à la Faseg.
Une équipe des services du Fmi, dirigée par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, s’est rendue au Sénégal du 15 au 19 juin pour évaluer l’évolution de la situation macroéconomique et les perspectives, et a tenu des discussions avec les autorités sénégalaises sur leurs projets pour relever les défis à venir.
L’équipe du FMI a tenu des discussions techniques ouvertes et constructives avec les autorités sénégalaises. L’équipe a salué l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités révélées par la communication passée de données erronées, notamment par des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence. Elle a également salué les réformes institutionnelles visant à unifier les fonctions de gestion de la dette, mesure corrective essentielle dans le processus de régularisation de ces erreurs de déclarations. La poursuite d’actions décisives sera essentielle pour favoriser les progrès vers la clôture du dossier de misreporting.
« L’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée à une situation économique difficile dans un contexte mondial éprouvant. La croissance du PIB réel a atteint 6,7 % en 2025, portée par une forte expansion du secteur des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est sensiblement réduit en 2025, sous l’effet des exportations de pétrole et de la compression des importations. Le déficit budgétaire global s’est fortement réduit, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % du PIB en 2025, principalement grâce à la rationalisation des dépenses, mais les vulnérabilités budgétaires et liées à la dette demeurent élevées. Les perspectives à court terme sont soumises à des risques élevés. La hausse des cours mondiaux du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient devrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques du Sénégal cette année, compte tenu du coût budgétaire des subventions non ciblées. Dans un contexte de vulnérabilités élevées liées à la dette, l’accentuation de l’incertitude mondiale et le durcissement des conditions financières pourraient aggraver davantage les pressions de financement.
« Les autorités ont réitéré leur intérêt pour un nouveau programme soutenu par le FMI. Les services du FMI continueront de dialoguer avec les autorités sur leurs politiques et priorités de réforme susceptibles d’être appuyées par un accord avec le FMI. Celles-ci comprennent des mesures visant à soutenir la consolidation budgétaire et à réduire les vulnérabilités liées à la dette, à renforcer la gestion de la dette, à améliorer la gouvernance publique et à promouvoir une croissance inclusive et durable.
