Par Papa Ibrahima Senghor
La sortie du ministre Boubacar Kamara, célébrant les mérites d’Ousmane Sonko à la Primature, n’est pas une simple déclaration de circonstance. Elle pose une question politique majeure : jusqu’où peut-on soutenir publiquement une orientation politique différente tout en continuant à exercer des responsabilités au nom du Président de la République ?
Il faut arrêter les ambiguïtés.
Le Sénégal n’a pas oublié les mois difficiles qui ont marqué le passage d’Ousmane Sonko à la Primature. Les déclarations publiques, les tensions institutionnelles et les incertitudes économiques de cette période ont lourdement affecté la confiance et l’image du pays. Le gouvernement qui lui a succédé a, avec davantage de sérénité et de rigueur, entrepris de restaurer la crédibilité de l’action publique et la confiance de nos partenaires.
Alors, vouloir aujourd’hui présenter le bilan de cette période comme une réussite éclatante relève, au minimum, d’une lecture pour le moins surprenante de notre histoire récente.
Mais le véritable problème est ailleurs.
On ne peut pas vouloir le beurre, l’argent du beurre et le soutien politique qui va avec.
On ne peut pas être nommé, rémunéré et investi d’une responsabilité par le Président Bassirou Diomaye Faye tout en construisant, parallèlement, une loyauté politique envers Ousmane Sonko.
Il faut avoir le courage de ses convictions.
Boubacar Kamara doit clarifier sa position.
Et avec lui, Cheikh Tidiane Dièye, Déthié Fall, Moustapha Guirassy, Cheikh Bamba Dièye, ainsi que toutes les personnalités qui occupent encore des fonctions publiques.
Ce n’est pas une chasse aux sorcières.
Ce n’est pas une question de règlement de comptes.
C’est une question de cohérence politique et de responsabilité devant les Sénégalais.
À ceux qui veulent suivre Ousmane Sonko dans son aventure politique, je dis : suivez-le et assumez votre choix.
Mais si vous choisissez de rester aux côtés du Président de la République et de participer à son action gouvernementale, alors assumez également ce choix, publiquement et sans ambiguïté.
Car gouverner exige une ligne.
Servir l’État exige de la loyauté institutionnelle.
Et faire de la politique exige du courage.
Le temps des calculs, des positions hybrides et des doubles discours doit prendre fin.
Monsieur Boubacar Kamara, messieurs les ministres et responsables concernés :
CHOISISSEZ !
Avec le Président Bassirou Diomaye Faye et son projet ? Assumez !
Avec Ousmane Sonko et son projet politique ? Assumez également !
Mais si vos convictions vous placent désormais ailleurs, alors ayez le courage de quitter les responsabilités que vous exercez.
On ne peut pas être dedans et dehors à la fois.
Le Sénégal mérite mieux que les ambiguïtés.
L’heure de vérité a sonné.
L’heure du choix a sonné.
ASSUMEZ OU PARTEZ !
C’est une question de cohérence.
C’est une question de responsabilité.
C’est surtout une question de dignité.
Membre Fondateur de KIIRAAY
