Sénégal-justice: Me Moussa Sarr, ministre de la Justice : «Il ne peut y avoir d’État de droit sans une justice forte»

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(Mbour-Sénéga1) : «La justice n’est pas une administration comme les autres. Elle constitue l’un des fondements de la République. Elle est la gardienne des libertés, la protectrice des droits, l’arbitre des conflits et l’expression concrète de la suprématie de la loi. Sa force conditionne la crédibilité de l’État, son efficacité consolide l’adhésion des citoyens et son indépendance garantit la permanence de l’État de droit. Il ne peut y avoir d’État de droit sans une justice forte.

Cette quête permanente anime pleinement la vision du Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui place la justice parmi les priorités de l’action publique, convaincu qu’il ne peut y avoir d’État de droit fort, de développement durable sans une justice indépendante, efficace, moderne et des magistrats respectés, écoutés et accompagnés.

D’ailleurs, cette conviction inspire l’action du Gouvernement. Nous considérons que le renforcement de l’institution judiciaire demeure un investissement stratégique pour la consolidation de l’État de droit, la stabilité de nos institutions, la sécurité juridique des citoyens et l’attractivité économique de notre pays.

L’État du Sénégal a fait de la consolidation de l’État de droit une orientation majeure de son action. Cette ambition repose sur un principe simple : aucune politique publique ne peut produire durablement ses effets si elle n’est adossée à des institutions crédibles, à une administration performante et à une justice digne de la confiance des citoyens.

La justice est appelée à jouer un rôle toujours plus déterminant dans la transformation de notre pays. Elle accompagne les mutations économiques, sécurise les investissements et protège nos libertés fondamentales. Elle participe à la lutte contre la corruption, la criminalité économique, le blanchiment de capitaux, le terrorisme, la cybercriminalité et toutes les formes de délinquance qui fragilisent les fondements de notre société. A bien des égards, elle représente, le miroir de la qualité de notre gouvernance.

Les attentes de nos concitoyens à l’égard de la justice n’ont jamais été aussi fortes. Ils exigent une justice plus accessible, plus rapide, plus lisible, et dont les décisions soient comprises et respectées. Ces attentes sont légitimes et nous obligent collectivement. C’est pourquoi les réformes que nous engagerons ne constituent pas une simple succession de mesures isolées. Elles participent d’une vision d’ensemble visant à adapter notre institution judiciaire aux exigences d’un État moderne.

Réformer la justice ne signifie pas remettre en cause ses principes fondamentaux. Réformer la justice, c’est lui donner les moyens d’exercer pleinement sa mission constitutionnelle dans un environnement en constante évolution. Cette mutation concerne naturellement les textes. Mais elle touche tout autant l’organisation des juridictions, la gouvernance judiciaire, les infrastructures, la formation des acteurs, la spécialisation des contentieux, les méthodes de management public et, surtout, la transformation numérique. Le numérique n’est plus un simple outil d’amélioration administrative.

Le ministère de la Justice inscrit résolument son action dans cette dynamique. La dématérialisation des procédures, l’amélioration des systèmes d’information, l’interconnexion des juridictions et le développement de services numériques sécurisés amélioreront sensiblement la qualité du service rendu aux citoyens. Notre ambition est claire : mettre la technologie au service du juge, et non substituer la technologie au juge.

La modernisation ne saurait toutefois être réduite aux seuls investissements matériels. Elle repose d’abord sur les femmes et les hommes qui rendent quotidiennement la justice. Je voudrais ici rendre un hommage appuyé à l’ensemble des magistrats du Sénégal qui font preuve d’un sens élevé du devoir et qui, malgré les multiples contraintes et défis, s’emploient chaque jour à accomplir leur mission avec compétence, intégrité, impartialité et dévouement. Je mesure pleinement les responsabilités qui sont les vôtres, ainsi que les contraintes liées à l’accroissement du contentieux, à la complexité des affaires et au déficit de ressources humaines auquel font face plusieurs de nos juridictions. Cette réalité affecte non seulement les magistrats, mais également les greffiers, les personnels administratifs et, plus largement, l’ensemble de la chaîne judiciaire. Nous n’ignorons pas ces difficultés quotidiennes. Elles sont pleinement prises en compte dans les orientations arrêtées par le Gouvernement.

Certes, le contexte des finances publiques impose à l’État des arbitrages rigoureux. Tous les secteurs sont appelés à participer à l’effort collectif. Mais cette exigence de maîtrise budgétaire ne signifie nullement un renoncement. Au contraire. Elle nous invite à hiérarchiser nos priorités et à concentrer davantage nos efforts sur les secteurs stratégiques. Et la justice figure incontestablement parmi ces priorités. Investir dans la justice ne consiste pas uniquement à renforcer un service public. C’est investir dans la crédibilité de l’État, dans la confiance des citoyens, dans la paix sociale et dans le développement économique. Une justice forte demeure la condition d’un État fort.

C’est dans cet esprit que les investissements destinés à améliorer les conditions de fonctionnement de nos juridictions seront progressivement poursuivis. Ils porteront notamment sur le renforcement des infrastructures, la modernisation des équipements, le développement des outils numériques, la poursuite des recrutements dans la limite des capacités de l’État.

Le renforcement de la formation initiale et continue s’avère aussi nécessaire afin d’accompagner l’émergence de nouveaux contentieux, dans les domaines du numérique, des technologies émergentes, de l’environnement, des mines, des investissements, de la criminalité financière et de la coopération judiciaire internationale. Cette volonté de modernisation s’accompagne d’une évolution profonde de la méthode de gouvernance de la Chancellerie. Dès ma prise de fonctions, j’ai fait le choix d’une administration davantage fondée sur l’écoute, la proximité et la recherche de solutions concrètes. Je suis persuadé que l’autorité de la Chancellerie se renforce lorsqu’elle est proche des juridictions et attentive à leurs préoccupations réelles. C’est cette approche qui guide désormais notre action.

Ensemble, faisons de notre justice une institution plus performante, plus proche des justiciables, plus transparente et davantage tournée vers l’avenir. Une justice qui rassure, protège et s’impose par sa crédibilité. Une justice qui demeure, pour chaque Sénégalais, la plus belle incarnation de l’État de droit», déclaré Me Moussa Sarr, ministre de la Justice.

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