Mansour Faye au président Bassirou Diomaye Faye : «Le Sénégal ne peut plus attendre : dissolvez-la ! »

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Il faut avoir le courage de regarder la réalité en face et de dénoncer avant qu’il ne soit trop tard. Le Pastef, qui a conquis le pouvoir en promettant une rupture, a surtout installé une nouvelle manière de faire de la politique : celle de confrontation, de division et de mise à rude épreuve nos valeurs républicaines et de notre cohésion sociale. Je ne m’attarderai pas sur les excès de certains militants. Ils sont notoires , ils sont parfois inquiétants, mais ils ne doivent pas nous faire perdre de vue l’essentiel : ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas seulement le comportement d’une partie de la classe politique. C’est la direction prise par l’État.

Après plus de deux années de pouvoir, le constat est amer:

⁃ Notre économie est en difficulté;

⁃ Nos finances publiques sont sous tension.;

⁃ La confiance s’est érodée de ce qui en reste encore;

⁃ Les Sénégalais se lassent d’attendre des emplois, de voir leur pouvoir d’achat s’altérer quotidiennement et attendent, sans trop y croire, des perspectives et des réponses concrètes à leurs préoccupations.

Et pendant ce temps, que nous propose-t-on ?

Un référendum !

Pour quoi faire ? Pour mobiliser l’Administration, dépenser l’argent public et monopoliser le débat national autour de questions qui, aussi légitimes puissent-elles être, ne constituent certainement pas l’urgence absolue du moment. Nous le savons tous: la transparence dans la gestion publique est certes nécessaire; la déclaration publication de patrimoine sont devenues une exigence et la reddition des comptes une demande sociale.

Mais un gouvernement sérieux doit savoir hiérarchiser les urgences. Aujourd’hui, l’urgence du Sénégal, c’est l’économie, l’emploi, la dette, le pouvoir d’achat, l’investissement, la sécurité et la restauration de la confiance dans les institutions. Le Sénégal n’a pas besoin de nouvelles distractions institutionnelles. Il a besoin d’une direction! Et c’est ici que la responsabilité du désormais nouveau ex «Doomi Ndeye» de SAS «demi dieu», le Président Bassirou Diomaye Faye est directement engagée.

Monsieur le Président, vous avez été élu Président de la République. Vous n’avez pas été élu pour être l’ombre de quelqu’un, ni pour gouverner sous influence. Vous disposez de pouvoirs constitutionnels et institutionnels considérables. L’ignorer serait une trahison du peuple qui vous a choisi.

Il vous appartient désormais de décider si vous voulez entrer dans l’histoire comme le Président qui aura laissé s’installer durablement une confusion des responsabilités au sommet de l’État, ou comme celui qui aura eu le courage de remettre chaque institution à sa place et chaque responsable devant ses responsabilités.

Le Sénégal ne peut pas être gouverné par les rapports de force personnels. La République n’est ni une propriété privée, ni un appareil partisan, ni l’instrument d’une ambition individuelle. Elle appartient au peuple. Et lorsque le fonctionnement d’une Assemblée nationale ne correspond plus aux exigences de la stabilité institutionnelle, lorsque le pays a besoin d’un nouveau souffle politique, lorsque la majorité elle-même semble prisonnière de ses contradictions, et de ses errements, il existe une réponse démocratique, constitutionnelle et parfaitement légitime : retourner devant le peuple. C’est pourquoi je le dis sans détour : la priorité n’est pas le référendum que l’on nous annonce pour nous distraire mais plutôt la clarification politique. Pour ce faire il n’y a qu’une voie: la dissolution de l’Assemblée nationale.

Il faut rendre la parole au peuple.

Il faut permettre aux Sénégalais de choisir une représentation nationale à la hauteur des défis du moment. Vous avez le devoir de sortir le pays de l’ambiguïté, de la confrontation permanente et des querelles de pouvoir qui plombent notre économie et notre démocratie.

Monsieur le Président, l’histoire ne vous jugera pas sur vos discours. Elle vous jugera sur les décisions que vous aurez eu le courage de prendre lorsque la République avait besoin de vous. Alors, prenez vos responsabilités.

Rompez avec les ambiguïtés.

Affirmez l’autorité de l’État.

Remettez la République au-dessus des hommes! et rendez la parole au peuple.

Comme pour paraphraser l’Honorable Aïssata Tall Sall :

Dissolvez-la !

Dissolvez-la !

Dissolvez-la !

Afin que disparaisse cette race d’élus du peuple qui font la honte du Sénégal qui, jadis, faisait le fierté de l’Afrique!!!

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